Dans la Somme, un projet fait parler de lui depuis quelques mois: la ferme dites des 1000 vaches et ses 750 veaux et génisses. Les JFD-UDI souhaitent réagir à ce projet et donner leur vision de l’agriculture de demain en France.

La France doit-elle transformer son modèle d’agriculture traditionnelle, extensive en une industrielle, intensive ? Non ! Au moment, où les citoyens sont, de plus en plus, à la recherche de produits locaux et responsables vis-à-vis de leurs environnement, la création de ce genre d’infrastructure n’est certainement pas la bonne voie à prendre.

Il faut, au contraire, développer en France une agriculture d’excellence, de qualité et de proximité ! L’excellence française, ce sont en effet des petits exploitants proches des consommateurs et dotés de petites exploitations avec un cheptel moyen de moins de 50 vaches laitières (source Agreste, recensement agricole 2010). Ces bovins bénéficient de pâturages de qualité, pâturages qui maintiennent nos paysages et luttent contre leur disparition. Le passage à une agriculture industrielle, intensive constitue une véritable concurrence déloyale pour les petits exploitants et pour la qualité des produits. Leurs coûts de production étant plus faibles, ce sont ces agro-industriels qui fixeront les prix, beaucoup trop bas pour permettre aux petits exploitants de vivre. Ainsi, une exploitation de 1 000 vaches représente d’une certaine façon 20 exploitations de 50 vaches. Ce sont donc au moins 20 agriculteurs qui seront en danger de perdre leur activité. Ces installations industrielles vont donc engendrer de la destruction d’emplois dans la filière agricole, déjà en difficulté.

Un autre problème que soulève cette ferme, c’est la condition d’élevage de ces vaches laitières. L’élevage hors sol qui est déjà largement rependu pour les cochons, lapins, volailles doit-il maintenant s’appliquer aux  bovins ? C’est l’éternelle question. Voulons nous une agriculture de proximité, durable, respectueuse, avec des produits de qualités moyennant un prix légèrement supérieur ou souhaitons nous une agriculture industrielle avec des produits établis dans des conditions discutables mais permettant ainsi d’avoir un prix défiant toute concurrence? Les JFD proposent d’orienter la France, pays historiquement agricole vers une production de qualité se démarquant ainsi à l’échelle de la mondialisation. Nous soulignons toutefois que cette orientation ne peut se faire sans une prise de conscience et un engagement des consommateurs: devons-nous vraiment consommer autant de viande et si souvent? Ne serait-il pas préférable d’en consommer moins mais de meilleure qualité et de producteurs respectueux de l’environnement?

Au moment où la nouvelle loi d’avenir agricole est en débat à l’assemblée nationale, cette infrastructure agro-industriel est un véritable symbole qui doit nous conduire à réfléchir à quelle agriculture nous voulons. Les JFD souhaitent que l’agriculture française garde son rôle de moteur économique (l’agriculture et le secteur agroalimentaire totalisent 50 milliards d’euros d’exportations en 2010 soit 12,8% de la valeur des exportations françaises). Mais nous avons aussi bien conscience que l’agro-industrie déraisonnée détruit nos écosystèmes : dégradation de la fertilité des sols, érosion des terres, diminution de la biodiversité … La transition vers l’agro-écologie doit donc commencer aujourd’hui.

L’agro-écologie consiste à valoriser le potentiel des écosystèmes en matière de captation des ressources naturelles externes et utiliser les synergies internes à ces écosystèmes. Ce type d’agriculture nécessite par ailleurs de faire des recherches, ainsi  l’INRA a fait de l’agro-écologie l’un de ses champs de recherche prioritaire dès 2010. Il s’agit ici d’une veritable filière d’avenir pour laquelle la France a tous les atouts pour jouer un rôle de premier plan et construire un modèle compétitif et durable.

Le métier d’agriculteur est passé d’un mode familial historique, avec mission d’entretenir les territoires contre la fermeture des paysages, à un mode plus productif. Son rôle change, évolue, on ne lui demande plus seulement de nourrir le pays, dorénavant il doit aussi rapporter des devises. Comme l’a dit Valéry Giscard d’Estaing : « l’agriculture est le pétrole vert de la France ». Notre agriculture doit donc retrouver sa place dans notre pays tout en respectant notre environnement et nos spécificités françaises.

Pole projet
Jeunes Forces Démocrates – UDI