#IdéesJFD                                         A retenir, nos propositions

  • Limiter ses importations d’agro-carburants provenant du Sud et qui ne respectent pas les standards écologiques les plus élevés
  • Impliquer fortement les jeunes agriculteurs. Nous souhaitons en faire les acteurs des agro-carburants de seconde génération
  • Les agro-carburants à base d’algues constituent également une filière d’avenir et porteuse de croissance et d’empois futurs, dans laquelle la France dispose d’atouts
  • Nous demandons que les avantages fiscaux soient orientés vers le développement et la recherche des agro-carburants de nouvelle génération
  • Appliquer effectivement les mesures du Grenelle de l’Environnement
  • Etablir un ministère de l’énergie et du changement climatiquedont le périmètre couvrirait également les transports, l’environnement, la mer et le logement

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L’Union Européenne a remis à l’ordre du jour la question des agro-carburants, le 17 octobre dernier, en prenant ses distances avec ces carburants issus de l’agriculture intensive. Elle a en effet décidé de limiter à 5% la part des agro-carburants de première génération dans la consommation d’énergie du secteur des transports dans l’Union, tout en conservant l’objectif des 10% d’énergies renouvelables d’ici 2020. Les Jeunes Forces Démocrates accueillent favorablement cette prise de position, tout en regrettant que ces mesures n’osent aller plus loin.

L’idée de départ des agro-carburants est évidemment louable car elle vise à réduire l’effet de serre, limiter la dépendance au pétrole et maintenir le tissu agricole européen… Néanmoins, les agro-carburants de première génération, qui utilisent principalement les céréales ou oléagineux (colza, tournesol), la betterave, ou encore les fruits du palmier à huile, et qui sont aujourd’hui largement majoritaires, ne sont pas sans avoir des impacts nocifs sur l’environnement. D’après les scientifiques, paradoxalement, les agro-carburants pourraient en fait avoir un bilan négatif sur les émissions de gaz à effet de serre si l’on tient compte de l’effet de changement d’affectation des sols, et accélèreraient les menaces sur la biodiversité. Sans oublier la pression supplémentaire que fait peser la consommation en eau nécessaire pour les cultures.

La question des agro-carburants est également un paradoxe pour l’Union Européenne. Elle cherche à réduire l’impact des transports européens sur l’environnement, mais l’Europe, ne disposant pas de la superficie de terre nécessaire pour atteindre ses objectifs, doit importer des agro-carburants venant des pays du Sud, alors que leurs productions sont bien souvent anti écologiques. Elles sont en effet synonymes de déforestation au Brésil, où encore d’expansion de la culture des palmiers pour l’huile de palme en Indonésie. Nous demandons donc à l’UE, afin de rester cohérente dans sa démarche, de limiter ses importations d’agro-carburants provenant du Sud et qui ne respectent pas les standards écologiques les plus élevés.

Les agro-carburants de seconde génération sont, eux, beaucoup moins néfastes pour l’environnement et semblent à première vue répondre aux objectifs initiaux. Ces nouveaux agro-carburants sont produits à partir de cellulose, une molécule présente dans tous les végétaux. On peut donc les produire à partir de végétaux non alimentaires ou avec les parties non alimentaires des récoltes agricoles. Selon Terra Nuova, 3,6 milliards de litres de biodiesel pourraient être obtenus de l’émondage des cultures agricoles et 13,3 du simple entretien des forêts. On peut encore ajouter à cela l’utilisation de la biomasse issue de déchets végétaux ou encore des algues. C’est à dire un réel éventail de domaines à explorer et développer.

Nous avons là un secteur innovant, vecteur d’emploi, qui respecte l’environnement !

Il y a vraiment matière à investir dans ce domaine car il est bénéfique de tous les côtés : il permettrait de contribuer à baisser les émissions de gaz à effet de serre dans une démarche de développement durable, mais également d’impliquer fortement les jeunes agriculteurs. Nous souhaitons en faire les acteurs des agro-carburants de seconde génération en mettant en place des infrastructures leurs permettant de valoriser leurs déchets utilisés pour la fabrication de ces carburants. Les efforts doivent aussi se tourner vers les bio raffineries, telles que celle de Pomacle-Bazancourt, près de Reims, qui au sein du Pole de compétitivité Industries & Agro-ressources, est un exemple en Europe. La chimie verte, raffinerie du végétal, est un débouché potentiel pour les agriculteurs, et en particulier les jeunes agricultures qui s’installent.

Les agro-carburants à base d’algues constituent également une filière d’avenir et porteuse de croissance et d’empois futurs, dans laquelle la France dispose d’atouts avec des entreprises innovantes, comme Fermentalg, et des centres de recherche, comme Green Stars. Elle regroupe déjà 45 industriels, PME et instituts de recherche et a été dotée par l’Etat de 12 millions d’euros sur trois ans pour exploiter les ressources de ce nouvel « or vert ».

C’est pourquoi nous proposons d’aller plus loin en termes de politique des agro-carburants. C’est un secteur qui demande encore des efforts importants de recherche afin de trouver en France et en Europe, les nouvelles technologies toujours plus efficaces et respectueuses de l’environnement. Nous aurions donc aimé que l’Union Européenne établisse une stratégie d’ampleur pour le développement des agro-carburants de 3ème génération, et nous appelons à un changement de cap du gouvernement français. En effet, dans le budget 2013, figurent encore 250 millions d’euros d’avantages fiscaux sur les agro-carburants. Quand on sait que la majorité des agro-carburants en France sont de première génération, issus du colza, il s’agit plus du soutien au secteur agricole que d’une véritable politique de développement durable. Nous demandons que les avantages fiscaux soient orientés vers le développement et la recherche des agro-carburants de nouvelle génération.

D’une manière plus générale, les Jeunes Forces Démocrates souhaitent qu’une véritable politique cohérente et ambitieuse de développement durable soit mise en place, en commençant par appliquer effectivement les mesures du Grenelle de l’Environnement, et en établissant un ministère de l’énergie et du changement climatique, dont le périmètre couvrirait également les transports, l’environnement, la mer et le logement.

Comme le dit le rapport Brundtland de 1987, « le développement durable c’est le développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre à leurs propres besoins. Avec deux concepts inhérents à cette notion : le concept de « besoins », et plus particulièrement des besoins essentiels des plus démunis, à qui il convient d’accorder la plus grande priorité et l’idée des limitations que l’état de nos techniques et de notre organisation sociale impose sur la capacité de l’environnement à répondre aux besoins actuels et à venir. » A méditer !

 

Pole Réflexion

Jeunes Forces Démocrates