#IdéesJFD                                         A retenir, nos propositions

  • Il est plus que temps de doter l’UE d’un budget qui lui permette de réaliser ce qu’on attend d’elle
  • Une taxe carbone, une taxe sur les transactions financières, ou encore sur les importations qui ne respectent pas certains standards sociaux, voire même d’une TVA à 0.5% prélevée dans l’ensemble de l’Union
  • Un sursaut fédéral : un Président de l’Union élu au suffrage universel, bref, une Union démocratique
  • Donner à l’UE un ministre commun de l’Economie et du budget
  • Une Europe fédérale avec un projet politique, un projet collectif, un projet d’avenir, un projet solidaire

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Réaction des JFD_UDI au budget du renoncement

« L’intérêt national est en train de prendre le pas sur l’intérêt européen ». Quelle ironie! Ces mots ont été prononcés par M. Hollande devant le Parlement Européen, seulement quatre jours avant le compromis désastreux bidouillé à Bruxelles lors du Conseil européen, par nul autre que le Président de la République et ses homologues chefs d’Etat et de gouvernement des 27.

Vendredi dernier, il y a eu deux perdants : l’Union Européenne, et nous tous, les citoyens européens. Le projet européen bâti sur la solidarité a été durablement mis à mal, alors que la logique des intérêts égoïstes des Etats et des politiciens l’ont emporté. En effet, pour la première fois de son histoire, de notre histoire, l’Europe se voit attribuer un budget pluriannuel en baisse pour les sept prochaines années. Un budget qui, comme le souligne le Président du Parlement européen, Martin Schulz, fait planer le risque d’un « déficit budgétaire structurel » pour les prochaines années.

260€ par européen et par an

L’accord prévoit un montant des crédits d’engagement de 960 milliards d’euros, soit les dépenses effectives pour les sept prochaines années de 908 Md d’euros (à peine 1% du PIB de l’UE). Cela peut sembler beaucoup, mais ce n’est, en fait, que 260€ par citoyen et par an !

Certes, alors que la crise continue de frapper durement notre continent, l’Europe doit consentir à des efforts. Des efforts très certainement possibles à réaliser, notamment dans le budget de fonctionnement. Mais ce qui a eu lieu vendredi, c‘est le risque de coupes dans les budgets d’investissement et de soutien à la croissance. Car une très large part du budget européen sert précisément à investir dans la recherche, l’innovation, à soutenir les entreprises pour créer des emplois, à accompagner la transition énergétique et écologique, à assurer une solidarité sur notre continent, aider au développement des régions périphériques,  investir dans les infrastructures, dans la culture et aussi dans la jeunesse (avec l’emblématique programme Erasmus, qu’il faudrait justement développer et non réduire). Bref, investir dans notre avenir commun. Investir dans le long terme.

Or, c’est le court terme qui a prévalu, avec un accord qui « ne renforcera pas la compétitivité de l’économie européenne (et qui) n’est pas dans l’intérêt des citoyens européens » comme le soulignent les députés européens Joseph Daul (PPE), Hannes Swoboda (PSE), Guy Verhofstadt (ALDE), Rebecca Harms et Daniel Cohn-Bendit (Verts).

L’intérêt des Etats et non des citoyens

Le projet européen a été tout simplement sacrifié sur l’autel des populismes, des intérêts nationaux et des calculs politiciens. Il suffit de voir le sourire satisfait arboré par M. Cameron qui a obtenu tout ce qu’il voulait, quelques semaines après avoir annoncé un referendum sur la sortie du Royaume-Uni de l’UE, et alors que, comme dans de nombreux autres pays, son parti ne cesse d’utiliser, depuis des années, l’euroscepticisme comme arme politique. C’est tellement plus simple d’accuser Bruxelles ! Tellement simple de ne pas donner à l’Europe les moyens d’agir, puis de l’accuser sans cesser de ne rien faire!

M. Hollande, comme les autres, a préféré défendre les intérêts des Etats et non les intérêts des citoyens européens. Heureusement, le Parlement Européen qui a pouvoir co-décisionnaire en la matière, pourra sans doute mieux faire entendre la voix des citoyens. Notre voix.

Une Europe fédérale, un projet, un avenir

Ce qui est clair, c’est que le système actuel, une Europe à mi-chemin entre fédération et structure intergouvernementale, atteint ses limites. Il est plus que temps de doter l’Union d’un budget qui lui permette de réaliser ce qu’on attend d’elle. Un budget doté de recettes propres qui la mettront à l’abri, par exemple grâce à une taxe carbone, une taxe sur les transactions financières, ou encore sur les importations qui ne respectent pas certains standards sociaux, voire même d’une TVA à 0.5% prélevée dans l’ensemble de l’Union.

Un tel budget ne peut se concevoir sans un contrôle rigoureux et représentatif des citoyens. C’est pourquoi, nous appelons à un sursaut fédéral : un Président de l’Union élu au suffrage universel, bref, une Union démocratique. Dés 2014, et en accord avec le Traite de Lisbonne, nous aurons un gouvernement (la Commission Européenne) responsable devant le Parlement et issue de la majorité avec un projet politique. Restera donc à avoir un ministre commun de l’Economie et du budget.

Une Europe fédérale avec un projet politique, un projet collectif, un projet d’avenir, un projet solidaire. M. Hollande, vous avez prévenu à Strasbourg : « ce qui nous menace n’est plus la défiance des marchés mais c’est celle des peuples ». Oui, M. le Président, il est temps de redonner un projet et un espoir à l’Europe… encore faut-il le vouloir ! M. Hollande, vous saluez un « bon compromis »? Nous, jeunes européens, ne voyons là qu’un renoncement. Le renoncement des chefs d’Etat à croire dans l’Europe, le renoncement à donner une vision et un espoir à l’Europe. Et nous sommes en colère.

 

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