#IdéesJFD                                         A retenir, nos propositions

  • La société française doit revaloriser le travail des entrepreneurs, des créateurs, des scientifiques, chercheurs et des professeurs, et les encourager
  • Il faut redonner aux jeunes le gout des sciences
  • Redonner de la compétitivité à notre pays en misant sur la recherche, sur la haute technologie, la valeur ajoutée
  • Soutenir les start-up innovantes, développer et consolider les universités
  • France doit véritablement rimer avec science ! 

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L’excellence de la science française doit inspirer les jeunes… comme les ainés

Dans la morosité ambiante alimentée par les fermetures d’usines à répétition, les plans sociaux qui n’en finissent pas et la hausse du chômage, il est nouvelles qui font du bien. Elles nous rappellent que la France dispose toujours d’atouts indéniables pour garder un rôle de premier plan sur la scène économique mondiale: la science produite par ses chercheurs. C’est à dire l’innovation, la compétitivité et les emplois de demain. Et cela nous a été magistralement rappelé le mardi 9 octobre, avec la remise du Prix Nobel de Physique 2012 à Serge Haroche, conjointement avec l’américain David Wineland, pour leurs découvertes fondamentales en physique de l’infiniment petit et de la lumière.

Les Jeunes Forces Démocrates adressent leurs vives félicitations au co-lauréat et souhaitent, à cette occasion, s’associer pleinement avec ses récentes déclarations à la presse et lors de conférences. En effet, Serge Haroche ne cesse de répéter deux choses : il faut simplifier le système de la recherche en France pour le dynamiser et le rendre plus efficace, et il faut attirer plus de jeunes vers la science.

Redonner aux jeunes le goût des sciences

« La désaffection des jeunes et notamment des jeunes filles pour les études supérieures scientifiques est manifeste ». Alors que le nombre total des étudiants était en légère croissance, en dix ans les filières scientifiques des universités ont ainsi perdu 10% d’étudiant (hors santé). Le problème n’est pas que la recherche n’intéresse pas les esprits des plus jeunes, car ils sont naturellement curieux. Il suffit d‘évoquer les grandes manifestations, comme la Fête de la Science ou des programmes comme « la main à la pâte », un véritable succès auprès des plus jeunes. « Le problème est d’arriver à canaliser cette curiosité naturelle vers des études et des carrières scientifiques », analyse M. Haroche. Or, pour cela, il faut commencer par donner aux chercheurs, et aux jeunes chercheurs en particulier, la reconnaissance qu’ils méritent de la part de la société.

Un trop grand nombre d’étudiants brillants vont vers la finance ou l’économie. Pourquoi ? Tout simplement parce que ces carrières sont plus lucratives. Il est pourtant absolument essentiel de stimuler et d’attirer ces jeunes brillants vers les carrières de recherche, et en particulier de recherche fondamentale. Pour cela, il ne faut pas attirer nos potentiel futurs prix Nobel dans « ce qui ressemble top souvent à un piège, mais vers des carrières qui leur permettent de vivre de façon normale et de poursuivre leurs recherches dans des conditions optimales », souligne le prix Nobel. Actuellement, posséder un doctorat en France est rarement un atout sur le marché du travail, et la rémunération qu’un jeune chercheur peut espérer, n’a rien pour faire rêver. Certes le salaire ne fait pas tout, mais c’est certainement un début. La société française doit revaloriser le travail des entrepreneurs, des créateurs, des scientifiques, chercheurs et des professeurs, et les encourager car ce sont ceux qui inventent et créent la France de demain.

La science d’aujourd’hui, ce sont les innovations de demain et les emplois d’après-demain

En sciences, la place de la France est relativement bonne au niveau européen et mondial et dispose de réels atouts, tel que le CNRS. Elle est néanmoins soumise à une rude concurrence, en particulier des pays émergents qui développent des efforts importants. Ces pays, comme Singapour, le font dans un cadre administratif souple et simple. L’Allemagne de son coté, accroit régulièrement son effort scientifique avec la volonté affichée de devenir « le pays des idées ». Garder notre place dans ce contexte très compétitif nécessite de rendre la recherche française moins bureautique, et notamment de relever les scientifiques d’une tache qui ne devrait pas être la leur : courir après les financements. Parce que « le temps des politiques n’est pas celui des scientifiques » les politiques scientifiques doivent également être encore plus lisibles, plus stables et s’insérer dans une vision clair de long terme.

Cette vision de long terme, c’est redonner de la compétitivité à notre pays en misant sur la recherche, sur la haute technologie, la valeur ajoutée, en faisant monter en gamme nos entreprises et industries, en dynamisant le tissu des moyennes entreprises technologiques et exportatrices, en soutenant les start-up innovantes, en développant et consolidant les universités… Pour cela, il est fondamental de faire plus et d’investir massivement dans la science pour rattraper les pays de tête (Finlande, Japon Allemagne) en visant 3% du PIB dans la recherche tant publique que privée (qui nous fait encore trop défaut), tout en simplifiant et modernisant son fonctionnement. France doit véritablement rimer avec science ! 

Enfin, cet effort scientifique doit être développé également au niveau européen. Favoriser les échanges sur notre continent, les collaborations entres équipes, mutualiser les moyens, partager les découvertes, s’insèrent logiquement dans le projet européen.

Laissons les derniers mots à notre nouveau Prix Nobel, Serge Haroche : « la France a des atouts, en particulier celui de la tradition scientifique profondément ancrée, et l’humanisme qui fait qu’en France on s’intéresse non seulement aux sciences exactes, mais aussi aux sciences humaines, et que le progrès de la connaissance est un tout. Il faut un équilibre entre ces deux sciences, équilibre qui a été traditionnellement recherché en France dans les milieux universitaires. Il faut maintenir cette tradition et en même temps lui donner les moyens de se développer (par) des structures simplifiées et bien sûr en y accordant les crédits nécessaires ».

Pôle réflexion

Les Jeunes Forces Démocrates