Nous considérons également comme crucial de promouvoir l’utilisation de technologies alternatives vertes : cellules locales de méthanisation, énergies marines renouvelables… 

Les gaz de schiste sont revenus sur le devant de la scène suite à la remise du rapport Gallois, le 5 novembre 2012. Les Jeunes Forces Démocrates souhaitent réagir sur ce sujet et donner leurs positionnements. Pour rappel, M. Gallois souligne que « dans la plupart des scenarii de transition énergétique, la part du gaz augmente ou ne se réduit pas à moyen terme”.

Le gaz et l’huile de schiste sont des hydrocarbures contenus dans les roches sédimentaires argileuses, situées en profondeur, qui sont à la fois compactes et imperméables. Actuellement, l’exploitation de ces matières premières se fait par fracturation hydraulique, notamment aux USA, où ces gaz non conventionnels contribuent significativement à l’amorce de ré-industrialisation constatée (le gaz y est désormais deux fois et demi moins cher qu’en Europe) et à réduire la pression sur sa balance commerciale. Cette technique de fracturation consiste à injecter sous pression et à de grandes profondeurs de l’eau, du sable et des adjuvants chimiques afin de créer des fissures dans la roche mère permettant de libérer le pétrole/gaz de schistes qu’elle contient. Une technique qui se révèle très néfaste pour l’environnement, polluant les nappes phréatiques et l’air, dégradant les sites naturels, pouvant contribuer à l’augmentation de la radioactivité, ainsi qu’à une utilisation excessive de l’eau.

Les JFD s’opposent radicalement à cette technique d’exploitation qui ne va pas dans le sens du développement durable.

Le rapport Gallois a donc relancé le débat, en proposant que la recherche sur les techniques d’exploitation des gaz de schiste soit poursuivie, afin de pouvoir éventuellement exploiter ces gaz de façon plus respectueuse de l’environnement, et ne pas priver la France d’une solution énergétique, certes bien loin d’être optimale, mais qui pourrait se révéler nécessaire au vu de la situation économique et du déficit de la balance commerciale, et contribuer ainsi à l’indépendance énergétique de notre pays.

Nous souhaitons que le gouvernement soutienne la recherche et développement (durable) dans ce domaine, un effort de recherche qui doit se faire à une échelle européenne afin de mutualiser les coûts.

La R&D peut se concentrer sur différentes pistes. Tout d’abord afin de mieux connaitre notre sous-sol et ses réserves potentielles, mais également mieux identifier les risques sismiques notamment. Il s’agirait ensuite de trouver des méthodes les moins polluantes possibles, utilisant en particulier moins d’eau et de produits chimiques…  Des technologies qui font déjà l’objet de recherche en Amérique du Nord. Nous proposons que la France avec l’Union Européenne suivent la dynamique de recherche des Etats-Unis, mais en se concentrant plus spécialement sur des techniques n’utilisant pas la fracture hydraulique. Il existe déjà des pistes à approfondir notamment la fissure par des procédés thermiques ou acoustiques.

Evidement, si nous pouvons nous passer des gaz de schistes, faisons le ! Mais, au vu de la situation économique, il nous faut avoir une vision pragmatique et donc ne refermer aucune porte de manière dogmatique. Car si on arrive à extraire ce gaz en limitant fortement son impact environnemental, il pourrait alors présenter des avantages. La combustion du gaz de schistes extrait libère moins de gaz à effet de serre que d’autres matières premières comme le pétrole ou le charbon. De plus, la France possèderait des gisements de gaz de schistes qui lui permettraient d’acheter moins d’énergie à l’étranger ce qui engendrerait une baisse de la facture énergétique. Enfin, l’effort de recherche doit se concentrer également sur les technologies de capture et stockage du carbone (CSC), qui permettent de récupérer le CO2 issu de la combustion des centrales électriques pour le réinjecter à très grande profondeur, et ainsi éviter un impact négatif sur le climat. La encore, un effort de R&D qui doit se faire au niveau européen, pour mutualiser les coûts.

Car soyons réalistes. Si nous voulons accroitre la part des énergies renouvelables dans notre mix énergétique (par exemple en remplaçant le nucléaire), cela doit s’accompagner de l’ajout de sources flexibles comme le gaz pour palier l’intermittence des énergies renouvelables (il ne fait pas toujours beau et le vent ne souffle pas toujours, d’où le besoin de disposer de centrales au gaz en réserve. L’Allemagne, qui accroit la part de l’éolien dans son mix, à la suite de la fermeture des centrales nucléaires, se voit ainsi contrainte de développer en parallèle les centrales au charbon pour assurer le soutien de l’éolien). Paradoxalement, gaz (de schiste) plus technologies CSC, pourraient ainsi se révéler les alliés nécessaires des éoliennes, d’autant plus si la part du nucléaire se réduit…

Tout en excluant l’exploitation dans l’état actuel, les JFD considèrent donc que la recherche sur les gaz de schistes, associée aux technologies de capture et stockage du carbone, doivent se poursuivre. 

Mais nous considérons également comme crucial de promouvoir l’utilisation de technologies alternatives vertes. L’exemple des unités de méthanisation dans les villages ruraux, qui produisent le gaz nécessaire grâce à l’utilisation des fumiers et déchets verts issus de l’agriculture, comme cela se fait au Voralberg en Autriche, présente une technologie prometteuse à développer plus largement en France. La seconde piste à poursuivre d’urgence est constituée des énergies marines renouvelables, incluant les hydroliennes, les technologies de la houle, mais aussi les grands parcs éoliens en mer (qui sont beaucoup plus efficaces et moins intermittents que les éoliennes à terre). Les énergies marines renouvelables ont également le potentiel de constituer un relais de croissance fort, d’innovations et d’emplois qualifiés, en s’appuyant notamment sur un savoir faire français, celui de l’excellence de notre filière de la construction navale.

Les JFD sont dans une logique de développement durable, mais pas dans une opposition dogmatique aux différentes solutions énergétiques. Nous sommes ouverts aux évolutions technologiques dans la mesure où celles-ci sont respectueuses de notre environnement et de la population qui y vit.

Pole Réflexion
Jeunes Forces Démocrates