Plus de trois ans de conflit en Syrie

A quelques jours de Noël et une semaine du Nouvel an,  l’esprit est naturellement à la fête. La trêve des confiseurs (la bien nommée !) a débuté et chacun s’active pour finir de trouver le dernier cadeau, préparer le réveillon, rejoindre sa famille.

Prenons pourtant quelques minutes pour penser à une région du monde, pas si loin de chez nous, aux portes de l’Europe dont ses habitants vivent l’enfer depuis des mois, des années même. Une région frappée par une terrible guerre civile qui (re)tombe peu à peu dans l’oubli, seulement rappelée épisodiquement à notre indignation par des actes de barbarie pires que les autres. Cette région, c’est la Syrie. 

Le bilan de cette guerre civile est effroyable : plus de cent mille victimes, plus d‘un demi-million de personnes blessées, amputées, durablement meurtries. Parmi ces victimes, la majorité sont des civils et beaucoup des d’enfants. Sur les vingt-trois millions d’habitants que compte la Syrie, les Nations unies recensent près de dix millions de réfugiés ou de déplacés.

Dans ce conflit, toutes les lignes rouges ont été franchies. La retenue n’existe plus, de part et d’autre, mais surtout par le régime en place qui peut s’appuyer sur l’armée et ses alliés.  Ainsi, en aout dernier, le régime de Bachar al-Assad utilisait des gaz soulevant une vague internationale de protestations (et de gesticulations) qui n’a aboutit, péniblement, qu’à une promesse de destruction de ces armes chimiques.

Aujourd’hui, dans la quasi indifférence générale, l’armée largue des barils remplis de TNT par avions et le régime sanguinaire engrange depuis plusieurs semaines des succès militaires et profite du silence international. Bachar n’hésite ainsi plus à cibler délibérément les écoles et les enfants pour saper le moral des habitants. «Du 15 au 22 décembre, 301 personnes ont péri (à Alep), dont 87 enfants, 30 femmes et 30 rebelles», selon l’OSDH, qui s’appuie sur un large réseau de sources civiles, médicales et militaires à travers le pays.

Après plus de trois ans de conflit, quel est le bilan ? Un peuple sans avenir et durablement divisé, une jeunesse syrienne condamnée, vivant dans l’incertitude, la violence quotidienne, sans espoir.

Initialement, tout a commencé par de simples protestations pacifiques contre un régime totalitaire et violent. Face à l’intransigeance du régime, ces protestations ont dégénéré en révolte, puis en révolution. Face à la complexité des enjeux du proche Orient, les occidentaux non pas voulu intervenir dans ce conflit, à ses débuts. Alors, la révolution a basculé dans la guerre civile et des mouvements terroristes radicaux ont, petit à petit, pris le dessus et étouffé la révolution originelle.

Il ne reste qu’un maigre espoir, celui de la conférence de paix dite de «Genève-2», qui doit s’ouvrir fin janvier et à l’orée de laquelle la rébellion syrienne, abandonnée et sans illusions, semble de plus en plus affaiblie et noyautée par des mouvements radicaux.

Que pouvons nous faire ? Pas grand chose, malheureusement. Si ce n’est, et c’est bien dérisoire, prendre un peu de temps, malgré les fêtes, pour ne pas oublier.

 Jeunes Forces Démocrates