#IdéesJFD                                         A retenir, nos propositions

  • Doter la France d’une stratégie nationale et cohérente de promotion de l’esprit d’entreprendre chez les jeunes, incluant le volet éducation
  • « France – idées jeunes, 2013 » : l’année de l’entrepreneuriat des jeunes
  • Promouvoir l’esprit d’entreprendre chez les jeunes pour créer des vocations
  • Donner à tous les jeunes des opportunités d’acquérir les compétences nécessaires
  • Encourager et soutenir les jeunes à créer et faire grandir leurs entreprises
  • Eduquer à la culture d’entreprendre de manière responsable et lucide
  • Des summer camps – Entreprendre offerts par l’Education Nationale
  • Des séjours de découverte de l’entrepreneuriat à l’étranger
  • Chaque université ou pôle universitaire doit disposer d’une cellule active dédiée au soutien et à la promotion de l’entrepreneuriat à destination des étudiants : ‘étincelle’
  • Un « partenariat de génération »
  • Rendre l’accès aux sources de financement plus transparent et simple, via un portail internet unique
  • Développer largement des concours nationaux et régionaux récompensant les projets de jeunes entrepreneurs
  •  Les financements fléchés vers les jeunes entrepreneurs doivent être accrus

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Le Centre d’Analyse Stratégique a récemment publié une analyse de l’état de l’entrepreneuriat en France. Parmi ses conclusions, il apparaît que la France, comme l’Allemagne, se distingue par une plus faible proportion d’individus estimant avoir les compétences nécessaires au démarrage d’une activité entrepreneuriale (38 % contre 43 % au Royaume-Uni et 56 % aux États-Unis). Les Français témoignent également d’un certain manque de confiance en eux, notamment au regard de leur capacité à entreprendre et de leur peur de l’échec. Enfin, il existe un « faible taux de conversion des entreprises nouvelles en entreprises pérennes ». Or la création d’entreprises pérennes, et en particulier de PME innovantes, est un vecteur important de renouvellement du tissu productif et constitue une des clefs de la croissance économique future. Certes ces dernières années ont vu une forte croissance de la création d’auto-entreprises, assurant pour beaucoup leur propre emploi et développant le secteur des services. Mais il est également crucial de voir se créer un nombre plus grand d’entreprises technologiques, de taille moyenne, capables de soutenir la ré-industrialisation de la France et d’exporter : des entreprises orientées vers la prise de risque et la création de valeur.

Les jeunes ont ici un rôle majeur à jouer, pour peu qu’on leur donne le gout d’entreprendre, la confiance de se lancer, des outils de formation et d’accompagnement, ainsi que des financements adaptés. Ce dont on a besoin est aussi un changement radical des mentalités : l’échec n’est pas grave, ce qui est important, c’est d’essayer et d’apprendre. Vouloir être entrepreneur, vouloir devenir chef d’entreprise : c’est cool et c’est utile ! Or lorsque l’on constate que « près d’un jeune sur trois souhaite être fonctionnaire », la question doit se poser de changer les choses ! Et cela, à tous les niveaux, de l’éducation à l’école en passant par la vision qu’a la société de l’entrepreneuriat.

Pour les Jeunes Forces Démocrates, il est urgent de doter la France d’une stratégie nationale et cohérente de promotion de l’esprit d’entreprendre chez les jeunes, incluant le volet éducation, tel que le font les pays scandinaves, ou encore les Pays-Bas et le Pays de Galles.

 « France – idées jeunes, 2013 » : l’année de l’entrepreneuriat des jeunes, doit être le point de départ d’un projet ambitieux, s’étalant sur plusieurs années, avec pour objectif de faire de la France le pays européen le plus dynamique en terme d’entrepreneuriat jeune. Un tel projet comprend au moins trois volets :

  • Promouvoir l’esprit d’entreprendre chez les jeunes pour créer des vocations
  • Donner à tous les jeunes des opportunités d’acquérir les compétences nécessaires
  • Encourager et soutenir les jeunes à créer et faire grandir leurs entreprises.

Commencer tôt, dés l’école : donner l’esprit et la volonté d’entreprendre

Il n’y a pas de secret. Avoir l’esprit d’entreprendre, la vocation de devenir créateur, cela doit se découvrir jeune. C’est un état d’esprit dont l’école doit faire la promotion : on n’entend pas assez « quand je serai grand, je serai entrepreneur ». Bien entendu, il ne s’agit en aucun cas de former les jeunes à vouloir ‘faire de l’argent à tout prix’, ni de ‘vendre’ les bon cotés de l’entrepreneuriat en occultant les risques ou les dangers, mais bien au contraire d’éveiller, puis d’éduquer à la culture d’entreprendre de manière responsable et lucide. Il s’agit avant tout de pousser les jeunes à réaliser leurs passions, à reconnaître que l’on est dans un monde d’opportunités et qu’en ayant des idées on peut changer les choses.

A travers la promotion de l’esprit d’entreprendre, c’est tout un éventail de connaissances, qui seront autant d’atouts, quelque soit le métier que le jeune choisira finalement : développer la confiance en soi et en ses idées, le travail en groupe, la créativité, la motivation. Et autant de savoirs qui peuvent se lier à l’apprentissage d’autres matières en les rendant plus concrètes (comme les mathématiques).

Les enseignants disposeraient d’une palette d’outils pédagogiques, mis à leur disposition par la cellule en charge de ce programme. Celle-ci inclurait l’intervention régulière de jeunes entrepreneurs qui puissent parler de leur métier et faire découvrir leur passion, montrant des exemples pratiques d’initiatives couronnées de succès, mais aussi d’échecs qui ont permis d’apprendre et de rebondir. Il s’agit de systématiser et développer des actions déjà menées par certaines associations, comme Jeunes Entrepreneurs.

Au sein des collèges et lycées, ces formations seraient étendues et complétées, par exemple à travers l’encouragement à la réalisation de projets, mais également par des summer camps – Entreprendre offerts par l’Education Nationale aux jeunes intéressés par approfondir cette exploration, et qui pourraient inclure l’intervention d’entrepreneurs étrangers. Autre idée, il existe bien des séjours linguistiques, pourquoi ne pas développer des séjours de découverte de l’entrepreneuriat à l’étranger ?

Il est également nécessaire de fortement revaloriser les filières techniques et la formation en alternance, car il s’agit de filières menant vers des métiers qui se prêtent particulièrement bien au développement d’entreprises de service.

Une cellule ‘étincelle’ au cœur de chaque université et école

Les universités doivent promouvoir et accompagner plus fortement l’entrepreneuriat : cela ne doit pas être réservé aux filières de commerce ou de management.

L’université américaine de Stanford est au cœur d’un écosystème de start-up innovantes. Les quelques 40 000 entreprises créées par les diplômés de l’université ont permis la création de plus de 5,4 millions d’emplois depuis les années 1930, générant un revenu annuel de plus de 2 700 Md$. Certes, cet exemple ne peut pas être transposé tel quel, mais il constitue certainement un model de système universitaire qui encourage l’entrepreneuriat, dont nous devons nous inspirer.

Les JFD proposent ainsi que chaque université ou pôle universitaire (incluant les grandes écoles, les IUT, etc), dispose d’une cellule active dédiée au soutien et à la promotion de l’entrepreneuriat à destination des étudiants : ‘étincelle’. Travaillant en lien très étroit avec des (jeunes) entrepreneurs actifs, mettant les étudiants souhaitant monter leur entreprise en relation avec des entrepreneurs établis, proposant des formations adaptées, accompagnant sur l’aspect administratif (promouvant par exemple le statut de Jeune Entreprise Universitaire), réunissant des comptables pour valider les business plans ou encore des juristes pour la définition des statuts, orientant sur les aides et les sources de financements, l’équipe de chaque cellule ‘étincelle’ agirait comme conseil pour tous les étudiants qui désirent se lancer, en étant à leur service, en les accompagnant pour réaliser leur entreprise tout en maitrisant le risque. Ces cellules pourraient ainsi devenir le cœur de réseaux associatifs reliant jeunes entrepreneurs, étudiants et universités. Elles pourraient aussi disposer de bourses de financement. Leur rôle consisterait également à la promotion de la création d’entreprise au sein de l’université, auprès des étudiants, mais aussi de sensibilisation auprès des chercheurs.

En savoir plus

Association Jeunes Entrepreneurs, Entreprendre c’est possible

Jeune entreprise universitaire, Agence Pour la Création d’Entreprise

Accès pour tous les jeunes, mettre en place un « partenariat de génération »

Bien entendu, le soutien aux jeunes entrepreneurs ne doit pas se limiter aux universités et à l’enseignement supérieur. Les JFD ont déjà mis en avant le besoin de créer des Pôles Entrepreneuriat, réunissant en un point unique l’ensemble des acteurs d’accompagnement à la création d’entreprise, au financement, à l’aide, à la formation et au conseil, ainsi qu’un guichet unique pour toutes les démarches administratives. Ces Pôles Entrepreneuriat joueraient un rôle de premier plan dans cette stratégie, en ciblant et aidant les jeunes.

Parce qu’il est fondamental de pouvoir apprendre des succès et des erreurs des autres, les JFD proposent de créer un « partenariat de génération ». Ce partenariat lierait un jeune entrepreneur prometteur qui décide de se lancer et un parrain, qui serait lui un entrepreneur établi. Ce dernier s’engage à accompagner et guider le jeune entrepreneur durant sa démarche de lancement de son entreprise (par exemple en le conseillant, en l’aidant dans la définition de son busines plan, etc). Le format serait de une ou deux heures par semaine, en échange d’une incitation fiscale pour l’entrepreneur parain. Ces échanges se feraient au sein des Pôles Entrepreneuriat, ou encore sur une plateforme en ligne institutionnalisée. A travers de tels partenariats, se seraient de véritables réseaux de jeunes entrepreneurs qui pourraient émerger, permettant aux jeunes issus de milieux ou quartiers défavorisés l’accès aux cercles d’entrepreneurs trop souvent réservés aux diplômés des grandes écoles. Pour le jeune entrepreneur, ce serait également l’assurance de pouvoir accéder à des compétences essentielles (expertise en comptabilité et gestion d’entreprise, business plan, etc.), qui augmenteraient d’autant la probabilité de succès ainsi que la crédibilité du projet (lors de la recherche de financement auprès des banques par exemple).

Systématiser les aides ciblées, créer des concours nationaux et régionaux

Il y existe déjà des dispositifs de financement et d’aide à destination des jeunes créateurs (Nacre, Créa Jeune, Envie d’agir,  Fonds de prêts d’honneur pour les jeunes créateurs d’entreprises…). Il s’agit maintenant de les développer et surtout de les unifier. Ou du moins, de rendre leur accès plus transparent et simple, via un portail internet unique (détaillant précisément les démarches, les sources de financement), tout en s’assurant que ces divers dispositifs couvrent bien tous les besoins et types de besoins. C’est pour cela que faire de la création d’entreprise par les jeunes, une grande cause nationale, est nécessaire : cela permet d’accroitre la visibilité, de systématiser et de passer à la vitesse supérieure, afin que tous aient leur chance, en ayant au minimum un accès égal à l’information.

2013 serait aussi l’occasion de développer largement des concours nationaux et régionaux récompensant les projets de jeunes entrepreneurs les plus prometteurs, innovants et ambitieux. De tels concours existent déjà, mais sont souvent limités en termes de financement, ou spécifiques à des régions données (comme le Concours Jeunes Entrepreneurs Créateurs). Il est temps de multiplier leur nombre et leur dotation, notamment en associant les grandes entreprises qui souhaiteraient soutenir les jeunes entrepreneurs à travers des fondations.

Enfin, les financements fléchés vers les jeunes entrepreneurs doivent être accrus, avec l’accès à des crédits dédiés et au capital investissement de proximité, pour lesquels la  nouvelle Banque publique d’investissement peut avoir un rôle à jouer. Ces aides doivent aussi prendre la forme de nombreuses zones spéciales de soutien aux jeunes PME innovantes (avec par exemple la mise à disposition de bureaux et d’infrastructures de communication au sein d’incubateurs). L’échec est trop souvent transformé en faute indélébile. Une autre piste sans doute à explorer, est la création d’un droit à l’oubli auprès de la Banque de France en cas de faillite, comme le propose la Fondation Concorde.

Pole Réflexion

Jeunes Forces Démocrates