« Parce qu’un homme sans mémoire est un homme sans vie, un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir… » Maréchal Foch

Ce jour du 11 novembre est avant tout ce devoir de mémoire que nous accomplissons, 96 ans après la signature de l’Armistice. Un devoir de mémoire qui prend, en cette année du Centenaire, une signification encore plus forte. Un siècle après le début de la boucherie de 14-18, nous nous devons de ne jamais oublier les sacrifices des millions de français et d’européens, tombés ou blessés sur les champs de bataille de la Grande Guerre.

Cette Grande guerre, qui devait être la « der des der », a broyé des dizaines de millions de vie aux quatre coins du monde: de jeunes soldats, volontaires ou conscrits, des familles qui ont attendu en vain le retour d’un fils ou d’un père, des soldats des colonies enrôlés pour se battre pour une cause qui n’était pas la leur, des civils pris au milieu des combats, des soldats incapables de supporter plus longtemps l’absurdité de la guerre qui ont voulu fraterniser avec l’ennemi et ont été fusillés, des gazés, des amputés, des gueules cassées, des hommes meurtris à vie dans leur chair ou dans leur tête…

Français, allemands, britanniques, belges, italiens, austro-hongrois…  Ce conflit a jeté les uns contre les autres des millions de jeunes européens et a sacrifié des générations sur l’autel du nationalisme et d’une haine absurde entre des peuples. Ce conflit terrible a profondément divisé notre continent. Il a profondément divisé les hommes. Ce 11 novembre doit donc être aussi le jour du souvenir de la division stérile à laquelle conduit la haine de l’autre, le replis sur soi, le nationalisme et l’égoïsme entre les peuples.

Ce 11 novembre est enfin une journée pour nous rappeler notre sentiment d’appartenance à une communauté de destin, à un tout qui se doit d’être solidaire, pour nous rappeler notre partage de valeurs communes : la liberté, l’égalité et la fraternité. Autant de valeurs pour lesquelles certains sont allés et continuent d’aller jusqu’à faire le sacrifice ultime, et à qui nous rendons hommage. Nous rappeler la vraie signification du mot patriotisme. Un mot que certains utilisent, malheureusement, pour diviser et exclure, pour stigmatiser et rejeter : un patriotisme qui se dit être « exclusif ».

Pourtant, il nous semble que rien n’empêche d’être pleinement patriote envers la France, mais également envers une autre communauté de destins, quelle qu’elle soit. Ainsi, nous nous sentons aussi bien patriotes envers la France, que patriotes européens. Egalement, en même temps, pleinement. Pourquoi ? Parce qu’il nous semble que nous partageons tous, européens, une histoire commune, forte, parfois lumineuse (faite d’art, de littérature, de science et de culture partagées), parfois sombre et terrible, comme la Grande Guerre. Un héritage commun que justement nous ne devons pas renier et encore moins oublier. Car ce sont des guerres, des oppositions idéologiques, que  finalement a émergé, petit à petit, l’Unification de l’Europe.

Nous proposons que pour 2018, dans quatre ans, le jour du centenaire de l’Armistice de la Guerre, nous fassions du 11 novembre, non plus le souvenir de la victoire en France, en Belgique, au Royaume-Uni, en Allemagne, mais bien le Jour du Souvenir commun à toute l’Europe. Pour que collectivement, nous tous, européens, nous nous rappelions les sacrifices de tous ceux tombés durant la Grande Guerre et tous les conflits postérieurs. Pour que nous n’oublions pas cette histoire terrible que nous partageons. Mais aussi pour que nous comprenions que nous avons dépassé ces divisions et partageons désormais une même communauté de destins, et que rien n’empêche plus d’être à la fois patriote français et patriote européen.

Jeunes Forces Démocrates