Les JFD proposent des changements pour les deux premières années après le Bac  (4)

Voir aussi notre premier article, présentant les grandes orientations de notre révolution de l’enseignement secondaire et supérieur

#IdéesJFD                                        A retenir, nos propositions

STS et IUT

  • Distinguer les deux grands types de formations : celles qui permettent une bonne insertion dès l’obtention du diplôme et celles qui nécessitent plutôt une poursuite d’étude. Mieux informer les futurs étudiants ce sujet.
  • Dans les DUT et les BTS qui aiguillent plutôt vers une poursuite d’étude, proposer une offre de formation d’un meilleur calibre afin d’instaurer une concurrence saine avec les premières années de Licence, tout en offrant un choix au bachelier entre une formation avec beaucoup d’encadrement (BTS/DUT) et une autre favorisant l’autonomie.
  • Redonner de l’autonomie budgétaire aux IUT qui ont paradoxalement été rendues moins autonomes suite à la LRU.
  • Introduire une révolution : supprimer la sélection en STS et IUT pour les étudiants issus de Bac professionnels et technologiquesAccorder une large autonomie aux établissements afin de pouvoir faire face à des flux irréguliers d’étudiants.
  • Augmenter des places en BTS et  en IUT pour répondre à une demande toujours plus forte.

Universités :

  • Remplacer une partie des contrôles continus dispensés en première année de Licence par des travaux personnels de type mémoire bibliographique à propos de sujets généraux, qui permettent à l’étudiant de construire son savoir et de mieux l’impliquer dans sa formation.
  • Obliger les universités, si ce n’est pas déjà fait, à mettre à disposition des salles de TD afin de permettre aux étudiants de se réunir et de travailler en groupe.
  • Lancer une concertation avec les enseignants-chercheurs afin de trouver une meilleure utilisation des nouvelles technologies en cours. Il s’agit d’éviter, par exemple, que des cours magistraux ne soient en fait qu’une vulgaire lecture à peine expliquée d’un diaporama.
  • Revoir en profondeur le très inéquitable système de bourses en France : celui-ci octroie en effet de nombreuses bourses au montant exorbitant (par exemple pour les étudiants qui touchent environ 500€/mois tout en vivant encore chez leurs parents) tandis que dans le même temps de nombreux étudiants touchent insuffisamment.
  • Augmenter les bourses pour les étudiants en double cursus. Octroyer l’aide au mérite pour les étudiants ayant validé leur première année de double cursus avec une mention Très Bien dans les deux parcours.
  • Offrir 4 billets de train aux étudiants vivant éloignés du domicile familial : deux billets seraient réservés à un aller/retour pour l’inscription et deux billets pour les vacances de Noël afin de réduire l’isolement de certains étudiants.
  • Développer un système d’échange de type ERASMUS qui permettrait à des étudiants de mettre entre parenthèse leur cursus universitaire pour une expérience professionnelle de 6 mois à 1 ans, particulièrement à l’étranger mais également en France. Ce système pourrait par exemple faire en sorte que le travailleur soit, pendant 1 an, toujours considéré comme étudiant et bénéficiant donc, lui et son foyer fiscal, des mêmes avantages fiscaux que ces derniers. Développer et entendrECVET.
  • Lancer une concertation avec des représentants du monde universitaire afin que les Universités revoient leur formation autour du développement de compétences, et non, comme aujourd’hui, de l’enseignement de connaissances pour la connaissance.
  • Mettre au point un système d’évaluation des équipes pédagogiques des UFR. Celles qui assureraient au mieux la réussite de leurs étudiants et une bonne insertion au marché du travail (qu’il soit public ou privé) se verraient octroyer une prime conséquente à répartir entre les laboratoires de recherche rattachés à cette UFR.
  • Octroyer des postes d’enseignants-chercheurs « bonus » aux laboratoires de recherche universitaire présentant une activité de recherche à l’impact international.
  • Proposer des modules d’enseignement obligatoires en Anglais dans les cursus où l’usage de la matière prédomine. Bien que l’enseignement soit en Anglais, les étudiants pourraient librement passer leurs examens écrits ou oraux en Français ou en Anglais.

L’enseignement supérieur en France fait l’objet de beaucoup de fantasmes : comme dans le secondaire, de nombreux faux débats sont lancés, bien souvent –et hélas- de bonne foi, par des acteurs qui sont pour la plupart très éloignés du monde universitaire. La cause vient probablement du fait qu’une grande majorité des décideurs politiques a bien souvent suivi des parcours très spécifiques dans l’enseignement supérieur qui ne correspondent pas à celui de l’immense majorité des étudiants. Dès lors, on ne peut pas être étonné de voir la réforme de la ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Geneviève Fioraso décevoir  la communauté universitaire, dont les aspirations vont bien au-delà d’une simple augmentation des budgets.

Avec  l’Université, qui représente environ 50% des primo-entrants dans l’enseignement supérieur, il ne faut pas oublier les trois autres principales filières (les STS, les IUT et les CPGE). Ces trois formations ont chacune leurs propres problématiques rendant encore plus complexe toute réforme de l’Enseignement supérieur.

Bac+1/Bac+2 : les deux années  charnières de l’enseignement supérieur

Les deux premières années de l’enseignement supérieur sont d’une importance capitale pour le devenir de l’étudiant. Pourtant, à part pour les CPGE, les meilleurs étudiants des autres filières sont rarement assurés d’un avenir radieux. Cela pourrait éventuellement se comprendre pour l’Université, donc les études ont vocation à être plus longues. Cette situation est en revanche inacceptable pour les anciennes filières « d’excellence professionnelle » que constituaient les IUT et les STS. Même si l’insertion professionnelle pour les diplômés de certains BTS reste honorable, on ne peut pas en dire autant d’autres, et surtout des DUT où presque 90% des étudiants sont contraints de poursuivre leurs études (contre 31% pour les titulaires d’une Licence professionnelle). Il ne faut pas pour autant blâmer le système, car pour certains domaines, il est vrai qu’il est très délicat de former en deux ans un technicien. C’est pour cette raison que nous proposons de mieux informer les étudiants sur la nature de la formation qu’ils vont suivre, qu’elle nécessite plutôt  une poursuite d’étude ou qu’elle garantisse une bonne insertion dans le marché du travail dès le diplôme obtenu. En parallèle, nous proposons de relever le niveau de ces filières afin de proposer aux étudiants des formations de meilleur calibre, particulièrement pour celles qui nécessitent une poursuite d’étude. Cela permettrait d’instaurer une concurrence saine (et surtout un choix pour les étudiants) entre les deux premières années de Licence et le DUT (et les STS, dans une moindre mesure). En effet, il n’est pas rare de voir des étudiants faire un DUT pour esquiver deux premières années de Licence qu’ils jugent trop éprouvantes.

Une telle réforme présenterait toutefois un biais important : elle augmenterait le nombre de bacheliers généraux dans ces filières au détriment des Baccalauréats technologiques et professionnels, et les BTS et DUT sont conçus pour fonctionner à effectif constants. C’est pour cette raison que nous proposons d’accorder, en plus d’une autonomie financière, une très large autonomie en termes de recrutement pour les IUT et les STS, tout en supprimant la sélection à l’entrée de ces filières pour les étudiants issus de Bac professionnels et technologiques (l’obtention d’un baccalauréat au niveau relevé comme nous le suggérons se suffisant à elle-même comme sélection).

Bien souvent, le politique pour marquer les esprits, a tendance à tirer la sonnette d’alarme pour tout et n’importe quoi, avec pour effet de brouiller le message. Il serait malvenu de vouloir faire de ces filières une priorité, puisque l’insertion au marché du travail est plutôt bonne d’après les chiffres, surtout si on les met en relation avec la crise que nous vivons. Il en va de même pour les étudiants en CPGE qui bénéficient d’un bon confort pour ceux qui réussissent.  On peut cela dit déplorer le manque de diversité sociale au sein de ces structures, mais le problème trouve sa source dans des inégalités sociales dès le secondaire où nous apportons des réponses précises dans un article précédent.

 

Réduire l’échec en première et deuxième année de Licence

Chaque année, l’Université ‘arnaque’ des centaines de milliers d’étudiants comme les lycées l’ont fait précédemment. En troisième, les élèves sont bercés par le conte d’une seconde générale où « vous allez voir ce que vous allez voir, fini de recopier au tableau, vous devrez prendre des notes ! ». Que nenni ! Et en terminale, l’histoire se répète, inlassablement : « A la Fac, c’est cool, on travaille comme un grand, à la B.U., on se fait pleins d’amis, on est autonome ! ». En fait… non! pas du tout.

Le virage des nouvelles technologies a été totalement raté par les enseignants-chercheurs à l’Université, qui ont tendance à remplacer la prise de note par des diaporamas de plus en plus complets, balancés au tableau, et machinalement recopiés à la lettre par l’auditoire. Une aberration. Et les étudiants tombent dans le piège, et finissent par considérer l’enseignant aux diaporamas très exhaustifs, et mépriser les enseignants plus synthétiques. Et pourtant, on veut quand même forcer les étudiants à être autonomes en maintenant des partiels : c’est une hérésie, et une grosse source d’échec, car un partiel qui tombe en décembre sur un cours déjà bouclé en septembre va inévitablement entraîner des échecs à la chaîne. A contrario, si l’étudiant avait dû retravailler son cours, il l’aurait mieux mémorisé, ce qui aurait entraîné une meilleure réussite.

Les décideurs politiques ont involontairement trouvé une parade : puisque les partiels ne marchent pas, autant renforcer le contrôle continu !

C’est dans cet esprit que le «Plan Réussite en Licence » (PRL) lancé en 2007 par la ministre Valérie Pécresse entrait dans le cadre d’une politique visant à réduire le taux d’échec en premier cycle universitaire. Il devait permettre la réduction de l’échec lors des premières années de faculté. Depuis son lancement, les organisations étudiantes sont très critiques et parlent d’«échec cuisant».

Et ce n’est pas une surprise. Comme en ZEP, si on attend peu des élèves, ils ont tendance à ne plus travailler, faute d’être valorisés. C’est la même chose pour les étudiants. L’Université ne peut pas mimer les classes préparatoires, et il est suicidaire de vouloir détruire la « fac à la française », où régnait autrefois la passion et l’esprit de synthèse, qui permettait aux étudiants d’apprendre avec plaisir une énorme masse de connaissances, en toute autonomie.

L’Université doit retrouver son rôle formateur : apprendre à l’élève à être autonome, à avoir un esprit de synthèse et critique. Les étudiants doivent réinvestir les bibliothèques universitaires pour en faire de vrais lieux de travail, et souder des liens qui permettront de se sentir mieux intégrés. Pour cette raison, nous refusons d’entrer dans le faux débat des contrôles continus. Nous souhaitons a contrario développer l’autonomie des étudiants à travers un enseignement de qualité, mais volontairement synthétique pour qu’un travail personnel soit obligatoire. Plutôt que des contrôles continus qui conforteraient ce système de médiocrité consentie, nous proposons de rendre obligatoire l’évaluation des étudiants à travers des mémoires bibliographiques dès la première année de Licence. Bien sûr, le travail sera extrêmement médiocre, et les présentations calamiteuses pour la plupart par rapport à des étudiants en Master. Mais il y aura toujours la démarche personnelle, l’investissement et la compréhension des sujets qui pourra être valorisée. Bien sûr, ces mêmes sujets devront rester généraux, pour rester à portée d’étudiants de première année de Licence.

La réussite des étudiants passe également par une meilleure intégration sociale. Dans cet objectif, nous proposons une refonte totale du système de bourses. Nous souhaitons également la mise à disposition pour les étudiants de 4 billets de train gratuits par an pour ceux qui seraient éloignés du domicile familial : deux seraient réservés au voyage pour s’inscrire à l’université, et deux seraient utilisables lors de la période des vacances de Noël.

Le faux débat de la simplification

Un faux débat a récemment surgi à propos de la « simplification » de l’offre Universitaire.  Le gouvernement annonce vouloir « simplifier » l’offre de formation en divisant par 15 le nombre de licences ; entendre par là standardiser les intitulés de licence. Tout ce que le gouvernement propose, en réalité, c’est qu’une licence nommée « Sciences du vivant » porte désormais le même nom qu’une autre licence nommée « Biologie » ou « Sciences naturelles ». En plus d’être totalement inutile, ce changement pose deux problèmes : premier point, il focalise l’attention, ce qui fait oublier à tous les vrais problèmes de nos universités, et deuxième point, en voulant faire des simplifications, le gouvernement risque de davantage complexifier un système de nomenclature qui, quoi qu’on en dise, est parfaitement limpide et dans l’intérêt des étudiants. Car non, une licence de Biochimie n’est pas la même chose qu’une licence de Biologie-Moléculaire. Pourtant, le gouvernement souhaite que les deux portent le même nom : absurde.

Il faut bien comprendre que le nom que porte chaque licence ou master est le fruit d’intenses débats entre enseignants-chercheurs, car ces derniers veulent fort logiquement qu’en un simple nom, l’étudiant puisse d’un coup d’oeil se dire « ah ce cursus peut m’intéresser, je vais voir en détail les cours proposés» ou bien « hum, ça non, ça ne correspond pas vraiment à mes goûts ».

En réalité, cette simplification est destinée à masquer l’un des plus gros problèmes de nos étudiants : l’absence de mobilité. Ainsi, le tout jeune bachelier va privilégier l’offre de formation du coin, de sa grande ville ou de la préfecture de région la plus proche. Et bien souvent, cette relative sédentarité pose de nombreux problèmes, car le bachelier s’attend à ce que toutes les licences de tel domaine en France soient plus ou moins identiques, ce qui est totalement faux. En fonction de la situation locale, et des ententes entre les personnels de différentes composantes, certaines licences peuvent être édulcorées, par exemple une licence de Biochimie qui proposerait de nombreux cours de Chimie. Un étudiant avec un faible niveau en Chimie, et désirant faire de la Physiologie ou de la Biologie Cellulaire en master serait ainsi lourdement handicapé.

Bien entendu, cette situation est rarement fatale, puisque de nombreux master proposent des cours de remise à niveau au premier semestre dans leur domaine de spécialité. Mais du coup, cela représente du temps perdu pour dispenser des cours plus spécialisés, dans un domaine précis, qui permettrait sans doute une meilleure insertion à l’emploi.

Une restructuration de l’offre Universitaire

A l’heure actuelle, les entreprises privilégient des embauches à Bac+2/Bac+3, car les jeunes diplômés débouchent sur des postes de middle management, représentant la majeure partie de la population française et sont appréciés par les entreprises pour leur caractère opérationnel et technique.

Les JFD proposent qu’à la fin du cycle Licence soit proposé à l’étudiant diplômé un semestre ou une année pour une “première expérience professionnelle à l’étranger”. Le jeune pourrait profiter d’une période professionnelle avant son entrée en Master. Il aurait le choix entre la pratique d’un stage ou d’un emploi. Le tout encadré avec l’université et la région. A la fin de cette période, plusieurs choix s’offriront à lui (étudier à l’étranger, continuer ses études en France…).

L’autre option envisageable est le développement et la généralisation des Bi-Licence ou double Licence. Système proposé par les universités permettant aux étudiants français de valider deux diplômes universitaires simultanément en trois ans. Organisé en bi-cursus avec entrée sélective afin d’attirer des étudiants motivés et leur offrir la possibilité de valider un double diplôme.  L’accès aux bi-licences se fait sur dossier, après le bac. Il s’agit de parcours exigeants et sélectifs, le rythme de travail pouvant être logiquement deux fois plus important durant l’année. Mais les doubles compétences offertes par ces formations sont aussi particulièrement attractives pour les employeurs… Il semble évident que l’augmentation du nombre d’heure de cours s’accompagne d’une augmentation de l’aide estudiantine (bourse logement…). C’est également pour cette raison que nous soutenons une refonte totale du système de bourses.

Au-delà de cette question, si les employeurs ont tendance à prôner presque comme une religion les cursus universitaire à double-compétence, c’est parce que sur ce plan-là, l’Université est très lacunaire. A force de prôner le bachotage au détriment des compétences, les facultés ont fini par proposer une offre sensiblement identique à celle des classes préparatoires, mais en moins bien. Les étudiants à l’Université voient bien souvent les mêmes choses qu’en classe préparatoire, mais en plus longtemps et moins approfondi. Ces deux dernières différences auraient pu être tout à fait justifiées, voire même louables si l’Université proposait en contrepartie des enseignements différents en parallèle qui permettraient de valoriser leurs étudiants sur le marché du travail. Hélas, on constate que ce n’est absolument pas le cas. Facteur aggravant, non seulement les étudiants ne sont pas valorisés, mais on peut même dire qu’ils sont dévalorisés puisqu’en règle générale, les éléments avec le plus d’expertise dans le bachotage ne vont pas à l’Université, mais plutôt en classe préparatoire. Réorienter les Universités vers le développement de compétences (comme le travail en groupe, le management, l’autonomie) plutôt que dans l’apprentissage de connaissances pour les connaissances permettrait à coup sûr de mieux intégrer les étudiants au monde du travail, particulièrement dans les cursus en Sciences humaines. Bien entendu, cela demanderait un changement radical des mentalités, et probablement moins de connaissances dispensées par les enseignants. Mais qu’importe, car en développant les compétences des étudiants et en les impliquant chaque instant dans la construction de leurs connaissances, les titulaires de diplômes universitaires auront probablement bien plus de connaissances qu’aujourd’hui.

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