Vincent Peillon a présenté à la presse des pistes pour réformer l’enseignement secondaire, après le douloureux épisode des rythmes scolaires, où le ministre de l’Education Nationale a brillé par sa capacité à transformer une réforme qui faisait consensus en un objet clivant et impopulaire.

Parmi les pistes envisagées par le ministre (Le Monde), une est proposée depuis longtemps par les Jeunes Forces Démocrates-UDI (voir sur notre site). Elle consiste à davantage prendre en compte la pénibilité de l’instruction dans certains établissements, en soulageant les enseignants d’une partie de leur charge horaire dans les établissements difficiles, tout en augmentant légèrement la charge du personnel en poste dans des établissements identifiés comme étant moins éreintants.

Nous avons conscience que cette mesure demanderait un effort supplémentaire aux enseignants pour qui on en demande déjà beaucoup au regard de leur rémunération très insuffisante selon l’OCDE, mais nous estimons que c’est un mal nécessaire avant une revalorisation très significative du traitement des enseignants dans le cadre d’une requalification en profondeur du métier que nous proposons (changements dans les concours, dans la manière d’enseigner, dans l’encadrement des élèves en difficulté etc…).

Les JFD-UDI se félicitent donc une nouvelle fois de la prise en compte de leurs idées par le gouvernement. Mais là encore, nous ne pouvons que regretter le manque de courage de M. Peillon qui semble vouloir limiter le champ d’action de cette réforme aux enseignants des classes préparatoires, en ne faisant que diminuer leur salaire au lieu d’augmenter le volume horaire d’enseignement. Nous trouvons cette démarche curieuse, le ministre semblant pointer du doigt une classe d’enseignants « privilégiés » afin de mieux faire passer la pilule aux autres enseignants. Nous demandons à M. le Ministre de cesser de dissimuler son manque de courage par des initiatives clivantes et à porter une vraie réforme de l’enseignement primaire et secondaire pragmatique, qui passe par des mesures courageuses et prises dans l’intérêt de tous, avec respect pour le corps professoral, même s’il faut transitoirement lui demander des efforts supplémentaires afin de préparer sereinement une nette revalorisation de ce métier.

Ce que nous proposons précisément à ce sujet :

« Échelonner le temps de travail des enseignants en fonction de la difficulté du collège où ils se trouvent. […] Cela passera probablement par un redéploiement total des effectifs, car si on veut plus de présence humaine dans ces classes à des moyens plus ou moins constants, il faudra que les enseignants soient plus polyvalents, et surtout dispensent davantage d’heures à partir d’un certain niveau de scolarité. »

 

Pole projet
Jeunes Forces démocrates