#IdéesJFD                                         A retenir, nos propositions

  • Investir massivement dans le haut débit pour tout le territoire
  • DMP: les pouvoirs publics doivent mettre en avant la confidentialité des données et communiquer
  • Le sujet de la E-santé doit être pris à bras le corps par les politiques
  • La France doit impérativement développer son réseau de télémédecine
  • Mise en place d’un réseau “inter-régional” concernant la télémédecine
  • Création de centres de santé numérique

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L’exemple de la E-santé

« Le Numérique bouleverse nos vies ». Voici la première phrase de la feuille de route sur le numérique du gouvernement Ayrault. Oui le numérique est un nouveau mode de pensée ! Oui le numérique va révolutionner notre quotidien : santé, éducation, culture, service public… Cela est une évidence pour les Jeunes Forces Démocrates mais pas pour le gouvernement. Lors de la présentation de cette feuille de route aucun de ces thèmes ne fut abordés profondément, car oui pour nos hommes politiques le numérique se résume au Très Haut Débit.

Ainsi François Hollande a annoncé un plan d’investissement de 20 milliards d’euros sur 10 ans, donc la couverture Très Haut débit sera active dans toute la France en 2023. En septembre 2012, dans un communiqué, l’Arcep présentait les chiffres suivants : 760 000 abonnements au très haut débit sur 5 500 000 logements éligibles.Il existe donc un réel décalage entre l’offre et la demande. Aujourd’hui pour bon nombre de français le haut débit est largement suffisant. Pour une majorité de Français l’usage d’internet se résume à se divertir (Facebook, Twitter, Youtube, Dailymotion…), à consulter/rechercher des informations, à consommer via le E-Commerce.

Donc pourquoi s’obstiner à développer du très haut débit pour satisfaire ce que le haut débit fait déjà si bien ?

Une Numérisation s’impose

En 2013 certains territoires n’ont toujours pas accès au haut débit et devront attendre maximum fin 2017 pour en bénéficier (1er Trimestre 2012 : 67.6% des foyers bénéficiaient d’une connexion Haut débit). Ici résulte un problème majeur de financement : les opérateurs préfèrent rentabiliser leurs coûts en assurant les zones densément peuplées en haut et Très haut Débit.

L’absence d’une couverture numérique équivalente dans toute la France renforce la fracture entre les zones ultra-câblées/fibrées et les zones sous-câblées/fibrées. Aujourd’hui certains services permettent de faciliter la vie des français : services publics, achat sur internet, recherche d’emploi, de logement… services que ne peuvent bénéficier ces territoires en manque de numérique, territoires déjà affaiblis par une pénurie de plus en plus programmée de commerce de proximité et de services publics.

En octobre  2010, le Sénateur Hervé Maurey tire la sonnette d’alarme en remettant un rapport pour révéler le visage numérique français : connexion inférieure à 2Mbt/s, absence d’une couverture mobile totale et un déséquilibre entre opérateurs et collectivités locales concernant le Plan National Très Haut Débit. En Novembre 2011, il décide de passer aux actes en lançant une proposition de loi concernant l’aménagement du numérique. Votée et approuvée par le Sénat  (consensus entre la droite et la gauche sur le sujet), le dossier arrive à l’Assemblée Nationale fin 2012, où il est rejeté par la nouvelle majorité qui préfère mettre en place une mission parlementaire sur ce sujet.

Le changement numérique ne sera pas pour maintenant. Si on veut que la France ne décroche dans cette révolution numérique, il faut agir vite par une prise de conscience collective : La France ne pourra pas évoluer si elle n’est pas 100% connectée. Le développement du Haut Débit doit être la priorité. La France de demain devra être numérique sous peine d’accuser un retard sur le plan économique, technologique, sanitaire, éducatif…

Le Numérique Français manque d’objectifs : l’exemple de la E-Santé

Cependant, le développement des infrastructures ne doit pas devenir la raison d’être du numérique. Le Numérique changera nos comportements de vie et nos façons d’appréhender l’avenir. Dans une France frappée par les déserts médicaux le développement de la E-Santé peut devenir un atout, encore faut il le vouloir.

L’Open Data au service de la Santé

En 2011 est lancé le Dossier Médical Personnalisé (DMP). Ce dossier numérique contient les informations personnelles de santé nécessaires au suivi des soins (analyses de laboratoire, antécédents, comptes rendus hospitaliers …). Mais l’absence d’une communication et d’un suivi politique de ce nouvel outil, ne permet pas son émergence (début mars 2013 seulement 298 576 DMP ont été crées), pourtant il pourrait être utile lorsque l’on change de médecin traitant (départ en retraite du médecin ou changement de ville pour le patient) ou lorsqu’on est hospitalisé.

Pour éviter un échec du DMP, les pouvoirs publics doivent mettre en avant la confidentialité des données : assurer a chaque patient que ses données resteront entre lui et son médecin / agent hospitalier. De plus le DMP tel qui est présenté aujourd’hui peut comporter un risque vis-à-vis de la transparence des données du patient, car il a la possibilité de cacher certaines de ses données. Confidentialité et transparence doivent être les maîtres mots du DMP, les ministères de la Santé et du Numérique doivent coopérer pour que cette question soit vite réglée si on ne veut pas faire du DMP, un énième échec de la E-santé en France.

Le Numérique au secours de la vie

La télémédecine est, selon l’OMS, «la partie de la médecine qui utilise la transmission par télécommunication d’informations médicales (images, comptes-rendus, enregistrements…), en vue d’obtenir à distance un diagnostic, un avis spécialisé, une surveillance continue d’un malade ou une décision thérapeutique ».

Dans une situation budgétaire difficile et dans une situation sanitaire qui est parfois condamnable (absence de médecins, de services spécialisés…) la télémédecine peut être un atout majeur. Il a été possible de réaliser une opération chirurgicale entre New York et Strasbourg, il est donc possible d’envisager la réalisation d’opérations entre la Guyane et l’Alsace, entre l’Ile-de-France et la Corse… Si on veut stopper la fracture sanitaire  due à la désertification médicale de certains territoires, la télémédecine peut être le meilleur traitement. Face à une population de plus en plus vieillissante, qui entraînera une augmentation de coût du financement du système de santé et une augmentation d’attente  dans certains services hospitaliers, la France doit impérativement développer son réseau de télémédecine.

La mise en place d’un réseau “inter-régional” concernant la télémédecine pourrait être envisagé. Ce réseau permettrait de lutter contre l’absence de certains services dans les hôpitaux de petites communes. Pour garantir un service sanitaire à la hauteur des attentes des français, la création de centres de santé numérique pourrait être envisagée pour lutter contre l’appauvrissement en médecins spécialisés dans certains territoires.

Le sujet de la E-santé doit être pris à bras le corps par les politiques. L’Etat doit absolument redéployer les expérimentations locales à travers les régions et les départements, qui devront travailler ensemble. Le numérique est la porte d’entrée du changement, mais force est de constater que le changement se fait attendre…

Pole Réflexion
Jeunes Forces Démocrates