#IdéesJFD                                         A retenir, nos propositions

  • Politique culturelle: arrêter les micro-augmentations publicitaires et proposer une vision claire
  • Sanctuariser les subventions déjà précaires, est nécessaire (patrimoine, recherche culturelle)
  • Améliorer l’information auprès des jeunes pour populariser ces politiques d’accès au théâtre, à l‘Opéra…
  • Ne pas sacrifier les politiques culturelles orienter sur la jeunesse

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En ces temps de marasme économique, il est légitime que tous les grands ministères de l’Etat soient mis à contribution par une réduction de leurs dépenses ; le Ministère de la Culture et de la Communication n’y fait naturellement pas exception. Amputé de quelques 179 millions d’euros (-2,37% par rapport à la LFI 2012), il s’est attelé, dans son projet de loi de financement 2013, à définir ses priorités et les crédits y attenant. Tous les programmes du Ministère connaitront ainsi une baisse plus ou moins importante de leurs crédits (voir tableau), à l’exception notable du programme de transmission des savoirs et les avances à l’audiovisuel. Souffriront donc le plus, l’audiovisuel public : -37% ; le programme patrimoine : -9,80% ; et la recherche culturelle : -4,22.

Cesser les micros augmentations « publicitaires », afficher une vision claire

Le rappel de la nécessité en temps de crise de contribuer à l’effort national fait la part belle aux maquillages et artifices. Il serait tout à l’honneur du Ministère de la culture de reconnaitre, d’une part, que chaque programme connaitra une baisse et ainsi de cesser les micros augmentations « publicitaires » de certains crédits (comme + 75% pour les crédits prévus en faveur des labels Ville et Pays d’art et d’histoire et de la promotion de l’architecture) et, d’autre part, d’afficher et de motiver les raisons des augmentations et hausses des subventions dans chaque programme. Il ne s’agit donc pas d’annoncer, avec entrain, une hausse de quelque 7% des subventions en faveur de l’intervention déconcentrée du livre et du cinéma, en omettant de rappeler que l’ensemble du programme Livre et Industries culturelles sera amputé de près de 7 millions d’euros (baisse des dépenses de fonctionnement, d’investissement et d’intervention). Le cache misère est ainsi un affront à la réalité, alors que la PLF devrait inscrire le Ministère et sa politique dans une perspective positive d’évolution.

Il faut donc rappeler l’effort mais en excluant les annonces orientées et à minima qui joue en défaveur d’une vision d’ensemble de chaque programme : claire et concise.

Redéfinir les priorités et sanctuarisation

La définition de grandes priorités est le moteur de la construction de toute politique culturelle. Mais le contexte économique engage un nécessaire reclassement de ces priorités face à l’urgence et la précarité de certains secteurs culturels. Il est impératif de maintenir les crédits de ces secteurs et d’assainir ceux qui sont les plus à même de supporter une baisse de leurs subventions. Il en va ainsi de nombreuses augmentations accessoires qui, si elles étaient abandonnées, comme l’augmentation des crédits pour l’architecture, permettraient une redistribution résonnée dans les secteurs prioritaires.

Ce recalibrage s’applique en particulier au programme patrimoine qui connaitra une baisse de 9,80% en 2013 soit 300 millions d’euros. Il est incroyable que les Monuments historiques qui auraient besoin pour se maintenir à flot de plus de 100 millions d’euros se retrouvent pénalisés et contraints à la diète budgétaire alors que, par exemple, les aides à la presse, peut-être moins urgentes, s’élèveront à 516 millions d’euros en 2013.

Sanctuariser les subventions déjà précaires, est nécessaire. Les secteurs les plus fragiles que sont le patrimoine ou encore la recherche culturelle (développement de la recherche appliqué à la conservation, participation à des projets de recherche européens tels que « Cultural Heritage and Global Change : a new challenge for Europe ») doivent à ce titre être prioritaires. C’est sur cet unique critère qu’un maintien ou une hausse des crédits est justifiée. Une mauvaise détermination appellera à long terme un nécessaire surcroit de dépenses pour réparer des dégâts collatéraux largement évitables.

Une priorité pour nous évidente : la jeunesse

Le soutien d’actions essentielles en faveur des jeunes, actions trop souvent minoritaires ou inexistantes, ne doit pas non plus être négligé, au contraire ! Le resserrement du budget limite les initiatives envers les jeunes, la ventilation des dépenses les moins urgentes doit en limiter au maximum les conséquences. Priorité doit donc être donnée au renforcement d’actions déjà existantes. C’est le cas notamment de la tarification préférentielle des salles de concerts (Concert éducatif pour jeune public proposé par la Salle Pleyel), Opéra ou encore des Théâtres (Places théâtre jeunes, PASS’ Jeunes opéra/Comédie Française). Elle doit passer par un soutien appuyé propice à l’amélioration de la performance de ces actions, sans toutefois alourdir globalement les dépenses. La possibilité d’accès pour les jeunes à la presse écrite est également une bonne illustration.

Mais ce soutien doit aller de pair avec une meilleure visibilité de ces actions. Il est impératif d’améliorer l’information auprès des jeunes pour populariser ces politiques d’accès au théâtre, à l‘Opéra, etc, dont, bien souvent, ils ignorent l’existence. L’accès par la jeunesse à la culture n’en sera qu’utilement renforcé.

Gain de visibilité, compromis, oui ! Il ne manque plus, dans ces choix contraints par les circonstances, qu’à greffer une idée motrice qui fera la promotion de toutes les autres : l’accès aux livres et la promotion de la littérature auprès des étudiants. Il est triste de constater qu’elle est encore et toujours l’une des grandes absentes. Quand le livre est de plus en plus considéré comme un objet de luxe, le délabrement des librairies n’est plus très loin, privé pour les années à venir d’une clientèle jeune qui n’a pu être encouragé à franchir leurs portes. Cette politique doit évidement comprendre un volet livre numérique.

Le budget du Ministère de la Culture doit plus que jamais s’adapter face à l’urgence et avec lui ses priorités. Le contexte l’impose, mais la sanctuarisation complète du budget de la culture doit être entreprise dès le redressement de l’économie et des finances publiques. La jeunesse ne doit en aucun cas être sacrifiée mais faire l’objet de toutes les attentions au risque de graves conséquences : mieux vaut prévenir que guérir !

Pole Réflexion
Jeunes Forces Démocrates