#IdéesJFD                                         A retenir, nos propositions

  • Un effort de recherche et d’innovation, ainsi qu’une meilleure articulation avec les entreprises
  • Une réforme territoriale, ou encore en bâtissant une administration numérique, ouverte, efficace
  • Une reforme cohérente, en profondeur, globale et systémique de notre modèle fiscal, administratif, social et entrepreneurial
  • Jouer l’innovation et la qualité, l’esprit d’entreprise et la prise du risque

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Rapport Gallois et récentes annonces du Gouvernement : la réaction des Jeunes Forces Démocrates

« Aucune fatalité ne nous condamne à la désindustrialisation » est sans nul doute ce que nous, les JFD, voulons retenir en premier lieu du rapport remis par M. Gallois au Gouvernement. Un rapport qui a le très grand mérite de nous mettre, enfin, face à la réalité implacable : « l’industrie française atteint aujourd’hui un seuil critique, au-delà duquel elle est menacée de déstructuration », et de placer clairement au cœur de tout : la compétitivité. C’est donc une analyse lucide, des propositions qui nous semblent aller dans la bonne direction, et qui auront, au moins, conduit le gouvernement socialiste à reconnaître l’existence d’un problème fondamental de coût du travail en France.

Parmi les principales mesures préconisée par M. Gallois, nous saluons tout d’abord l’importance donnée à la mise en place d’un dialogue social plus apaisé et constructif au sein des entreprises avec la participation de représentants des salariés dans les conseils d’administration. Second axe de mesures très positives, l’accent mis sur l’effort de recherche et d’innovation, ainsi que sur leur meilleure articulation avec les entreprises. C’est l’une des clefs de la montée en gamme des produits français, de la différenciation par l’innovation, et donc les emplois de demain.

L’importance donnée à la promotion et au soutien des petites et moyennes entreprises, et notamment favoriser l’investissement est également une bonne chose. Enfin, recommander de stabiliser les politiques de soutien (dont les incitations aux jeunes entreprises innovantes, sujet qui nous tient particulièrement à cœur), de donner aux régions la responsabilité de coordonner l’action des différentes structures en charge de promouvoir l’innovation et le développement de l’industrie, ainsi que d’animer le dialogue social, ou encore des « souplesses nouvelles » accordées en matière d’emploi ainsi que le renforcement du chômage partiel, ainsi que l’appel à ce que la politique européenne de la concurrence soit « davantage au service de l’industrie », sont autant de recommandations qui  nous paraissent aller dans la bonne direction.

Le Gouvernement a annoncé sa volonté de suivre beaucoup de ces recommandations, incluant celle d’une hausse de la TVA pour financer les allègements de charge, une décision qui nous paraît responsable.

Néanmoins, nous regrettons tout d’abord la complexité des mesures choisies pour la mise en œuvre de l’allègement des charges pour les entreprises, et le sentiment d’illisibilité qui menace déjà ce « crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi ». Dommage également que les allègements ne touchent pas les salaires jusqu’à 3,5 smic comme recommandé, afin de cibler plus précisément les emplois industriels. Le fait de limiter à 20 milliards d’euros, sur trois ans, ces allègements est regrettable, car insuffisant pour lancer le véritable choc de compétitivité nécessaire. De même, le gouvernement refuse toujours de prendre conscience des difficultés causées par la re-fiscalisation des heures supplémentaires et ne pose pas la question du temps de travail (tant des 35h, que de l’âge de départ à la retraite).

Bien entendu, aller plus loin dans la réduction du cout du travail par l’allègement des charges sociales, nécessite de trouver d’autres sources de financement, au risque sinon d’augmenter les impôts. C’est pourquoi, il nous semble manquer un élément fondamental : une réforme de fond du système fiscal. En effet, la fiscalité française est complexe, illisible, conséquence d’une sédimentation de réformes menées sans réelle vision d’ensemble, l’origine d’une instabilité récurrente et donc d’un manque de visibilité pesant pour les investisseurs, fiscalité qui est également souvent perçue comme étant opaque et même injuste. C’est n’est qu’une fois réalisée une telle reforme de clarification et de simplification, reforme ambitieuse mais nécessaire, que faire porter une part plus importante des dépenses sociales sur un impôt à assiette large (comme la « TVA » sociale) pourrait devenir socialement et économiquement acceptable car plus juste.

De même, il est temps de repenser en profondeur le fonctionnement de nos administrations, de repenser leur objectifs, de réduire leurs coûts de fonctionnement (par exemple par une réforme territoriale, ou encore en bâtissant une administration numérique, ouverte, efficace, proche des citoyens et économe, comme ont pu le faire certains pays, scandinaves notamment).

D’une manière plus générale, il manque donc cruellement une reforme cohérente, en profondeur, globale et systémique de notre modèle fiscal, administratif, social et entrepreneurial, qui soit à la hauteur du défi à relever pour réindustrialiser la France et rendre notre économie compétitive, toute en étant socialement équitable et durable.

« Notre pays a toutes les capacités à être une terre d’industrie, dès lors qu’il se mobilise sur cet objectif » rappelle M. Gallois, il y a donc de l’espoir, pourvu qu’il y ait le courage de réaliser les profondes reformes dont le pays à désespérément besoin, mais aussi, peut-être, si nous pouvons dépasser les clivages et les divisions pour s’atteler, ensemble, à ce projet vital pour notre avenir.

Laissons la conclusion à M. Gallois : « la reconquête de la compétitivité demandera du temps et des efforts ; elle remettra en cause des situations et des postures établies. Mais dès lors que le diagnostic est partagé, que le déclin actuel est jugé par tous inacceptable, cette reconquête peut être un formidable projet collectif. Jouer l’innovation et la qualité, l’esprit d’entreprise et la prise du risque, rompre les barrières et travailler ensemble, mettre en valeur les compétences et (re)donner le goût du progrès technique, ouvrir de nouveaux espaces de dialogue et stimuler l’intelligence collective. Il y a là tous les ingrédients pour mobiliser les forces vives du pays et, en particulier, la jeunesse ». Nous ne pouvons pas être plus d’accord !

Pole Réflexion

Jeunes Forces Démocrates