Les JFD proposent 22 mesures pour le collège et le lycée  (2)

Voir aussi notre premier article, présentant les grandes orientations de notre révolution de l’enseignement secondaire et supérieur

 

#IdéesJFD                                          A retenir, nos 22 propositions

Généralités :

  • Fusionner les petits établissements afin de permettre davantage de moyens humains
  • Développer l’internat, particulièrement en zone rurale.
  • Octroyer une autonomie aux établissements  au niveau du recrutement pour qu’ils puissent recruter des personnels contractuels ou vacataires facilement, pour répondre à des besoins ciblés.
  • Réduire les horaires du collège (et du lycée) : passer d’une moyenne 8h – 17h à 8h – 15h. Les deux dernières heures seraient consacrées à des enseignements d’éveil comme le Sport de haut niveau, le Théâtre, ou artistique et culturel.
  • Tripler la prime destinée aux professeurs principaux pour ceux qui exercent en établissement ECLAIR (actuellement de 100€/mois environ).
  • Échelonner le temps de travail des enseignants en fonction de la difficulté du collège où ils se trouvent – Interdire tout procédé qui contribuerait à dissuader les enseignants d’exclure de leur cours les élèves qui poseraient ponctuellement de trop gros problèmes.
  • Obliger les chefs d’établissement à envoyer un élève en conseil de discipline si l’équipe pédagogique vote cette décision en conseil de classe.
  • Supprimer l’obligation d’obtention du CLESS et du C2I niveau 2 pour être titularisé après la réussite du CAPES
  • Lancer un chantier permettant la titularisation sans concours d’enseignants contractuels ou vacataires ayant présenté durant plusieurs années de grandes capacités pédagogiques

Début du collège :

  • Recentrer la 6ème et la 5ème autour d’un tronc commun Français – Histoire géographie – Mathématiques – Sciences
  • Redéployer les effectifs d’enseignement pour permettre une présence humaine accrue dans ces deux années afin de s’assurer que chaque élève dispose d’un niveau de base incontournable. Cela peut passer par une modification du nombre d’heures d’enseignement à dispenser pour certains professeurs à des classes plus chargées en fin de collège/lycée.
  • Afin de motiver les élèves dans ces deux années essentielles, octroyer une bourse de 15€ par mois à tout élève ayant réussi le test de passage de la 5ème à la 4ème. Cette bourse serait stockée dans un livret à l’intendance du collège, avec la possibilité pour l’élève de s’offrir des cadeaux comme des livres ou des magazines parmi un catalogue proposé par le collège. Cette mesure serait financée par une suppression partielle de l’allocation de rentrée scolaire, jugée comme étant inefficace faute de contrôle sur leur utilisation de la part des parents.

Fin de collège :

  • Instaurer dès la quatrième des classes de niveau, avec des enseignements à la carte (Informatique, Sciences approfondies, Initiation à l’entreprenariat) en plus d’un tronc commun Français – Mathématiques – Histoire Géographie – Langues.
  • Créer des parcours professionnels dès la quatrième afin de permettre aux élèves en décrochage scolaire de retrouver le goût de l’effort et du travail pour quelque chose de concret.

Refonte du Lycée général et professionnel :

  • Créer des filières technologiques et professionnelles d’excellence avec une possibilité d’internat et de bourses supplémentaires pour les élèves les plus modestes.
  • Renforcer la spécialisation dès la seconde avec une orientation Scientifique, Littéraire, Économique et Sociale, Technologique ou Professionnelle. Cette orientation serait réversible à la fin du premier semestre de seconde, et l’élève réorienté bénéficierait de cours de rattrapage.
  • La spécialisation mentionnée ci-dessus serait limitée par un tronc commun persistant Français – Histoire Géographie – Sciences – Langues + enseignement culturel.
  • Instaurer des enseignements de détermination en Terminale pour chaque filière (Biochimie, Droit, Cinéma, Géopolitique…) afin que les étudiants soient préparés à l’enseignement supérieur.
  • Créer des rencontres entreprises/écoles, pour avoir des présentations de métiers concrets et tenter de donner une idée de la vie professionelle, de ses exigences, faciliter les possibilités de stages dès le lycée etc.
  • Mettre en place d’un parcours d’inititation et de formation à l’entrepreneuriat au lycée et dans toutes les filières (intervention d’entrepreuneurs, projets de groupe, strctures d’encadrement et d’aide pour les étudiants qui souhaitent se lancer…)
  • Rendre plus lisibles les passerelles entre la première générale et la première technologique ou professionnelle (et vice-versa).
  • Créer des classes préparatoires technologiques (sur le modèle des CPGE actuelles) permettant de passer en deux ans directement d’un Bac professionnel/technologique à un parcrsou de Master professionnel et/ou un diplôme d’ingénieur, au lieu de 4 ans en général.

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Le mot d’ordre: enseignement personnalisé et flexibilité pour tirer vers le haut TOUS les élèves, leur apporter les connaissances nécessaires pour une entrée réussie sur le marché du travail, tout en conservant un socle commun.

L’enseignement en France fait l’objet de nombreux débats, et pour cause : sa qualité médiocre est régulièrement pointée du doigt par l’OCDE et les politiques semblent se détourner des questions principales en posant constamment de faux débats sans réel intérêt. La réforme des rythmes scolaires constitue un excellent exemple : portée par des « chronobiologistes », sorte de scientifiques exotiques davantage experts dans la parole que dans l’activité de recherche, si l’on en juge leur activité sur les sites de revue scientifiques (1).

Afin de proposer des solutions, il faut dresser un constat, le plus véridique possible, sur notre école ; et surtout, il convient d’apporter des nuances. A titre d’exemple, nous pouvons considérer qu’à certains égards nous avons l’un des meilleurs systèmes éducatifs du monde. La France a ainsi conservé l’héritage de la gauche sous la IIIème république, avec l’école ouverte et proposée à tous. Cet héritage permet aux formations très élitistes de former parmi les meilleurs ingénieurs, chercheurs et médecins du monde. Le règne sans partage des Mathématiques en lien avec la finance et l’économie permet de former des éléments reconnus parmi les plus compétents. Le vrai problème de notre école, c’est que derrière ces chanceux qui recevront une formation reconnue à l’international, on aura laissé sur le côté une immense majorité des jeunes, et ce depuis le collège. C’est pour cette raison que toute réforme de l’éducation se doit de partir de la base, c’est-à-dire l’enseignement primaire et secondaire. Dans cet article, nous évoquerons l’enseignement secondaire exclusivement.

Le collège, où tout est déjà presque figé

On peut reconnaître un mérite à nos hommes politiques : ils ont pour la plupart identifié la racine du problème dans la façon d’éduquer nos enfants. Il s’agit bien sûr de l’école primaire. Les choses se compliquent lorsqu’il s’agit d’apporter des solutions, puisqu’en réalité le problème est quasiment insoluble : ce qui va différencier un bon élève d’un mauvais élève en 6ème est, pour une part importante, son contexte socio-familial. Arrivé au collège, il est en général trop tard pour 90% des « mauvais élèves ». Toute réforme du collège ne doit donc pas se faire dans l’optique d’avoir un taux de réussite au brevet de 90% par génération quitte à baisser le niveau (2) comme le suggèrent les récentes réformes, mais plutôt de permettre à chaque adolescent:

  • de se sentir à l’aise au collège,
  • de lui donner la culture générale minimale pour devenir un citoyen éclairé,
  • de lui apprendre des connaissances et des compétences qui lui seront utiles, soit dans sa vie professionnelle imminente, soit dans les études qu’il compte mener plus tard.

Dès que l’on réalise une ébauche de réforme du collège en tenant en compte ces trois points, une chose paraît inévitable : peut-être pas la suppression du collège unique, mais la fin des classes de niveaux égaux. Faire des classes de même niveau est une hérésie, et le personnel enseignant est le premier à le reconnaître. Les programmes sont simplifiés chaque année (3), et le niveau est constamment nivelé par le bas. On en arrive à une situation aberrante où personne n’est satisfait : les élèves médiocres restent insatisfaits du collège qui ne s’adapte pas pour repondre à leurs difficultés et besoins particuliers (4) et les élèves sérieux s’habituent à un collège où un travail minimaliste vaut déjà une très bonne moyenne. Et beaucoup de ces élèves se retrouvent en grande difficulté dans une Seconde générale de plus en plus chargée et donc vectrice d’inégalités (un élève dont les parents ne peuvent l’aider ou qui ne peuvent lui offrir des cours particuliers sera pénalisé).

La solution est de permettre au collège d’exploiter et développer au maximum les capacités de chacun, tout en accompagnant à la carte ceux qui rencontrent des difficultés afin de les tirer vers le haut et d’assurer réellement toutes leurs chances. Nous avons déjà abordé, dans un article précédent, la notion de spécialisation précoce au collège, dès la quatrième. Afin que cette spécialisation soit introduite de manière optimale, il convient de solidifier un socle commun de connaissances, et d’induire un clivage des enseignements dès la 4ème. Il s’agirait de consacrer les deux premières années du collège à des enseignements essentiels qu’on pourrait agrémenter de cours de soutien intensif et personnalisés pour les élèves en difficulté, ou tout simplement qui le demandent. Le but de ces deux années serait, quelques soient les moyens humains employés, de permettre à chaque élève d’avoir une solide culture générale de base. Cela passera probablement par un redéploiement total des effectifs, car si on veut plus de présence humaine dans ces classes à des moyens plus ou moins constants, il faudra que les enseignants soient plus polyvalents, et surtout dispensent davantage d’heures  à partir d’un certain niveau de scolarité. On peut également envisager la possibilité d’un « mini-brevet » en fin de 5ème, davantage dans l’esprit d’un test de connaissances que d’un examen.

Une fois les deux premières années du collège bien cadrées, les années suivantes devraient s’articuler beaucoup plus logiquement que dans le système actuel. L’intégration d’enseignements à la carte doit se faire avec une certaine prudence, puisqu’il ne s’agit pas de verrouiller une orientation dès la fin de collège, mais bien de permettre aux élèves de bénéficier d’un enseignement de qualité et pointu, afin d’aiguiller leur choix. Il apparaît donc évident que beaucoup d’élèves devront bénéficier de cours de rattrapage pour des enseignements à la carte qu’ils auraient choisi tardivement, s’apercevant qu’ils se sont trompés dans leurs choix. C’est pour cette raison que nous prônons une flexibilité absolue dans les moyens humains. De cette manière, nous permettrons à chaque adolescent de construire lui-même sa scolarité, et son projet professionnel au fil des années, à tatillon. Et ne l’oublions pas, proposer des enseignements à la carte, c’est aussi aiguiser la curiosité des élèves et développer leur esprit critique en favorisant les passerelles et en décloisonnant les matières.

Le numérique doit être déployé, mais surtout utilisé largement dans l’enseignement. Les outils et compétences pour une utilisation d’Internet critique et responsable dans la recherche d’information doivent être dispensés. Le numérique est aussi une opportunité pour permettre aux élèves d’appréhender différemment les cours et les connaissances, se les approprier et développer leur autonomie.

Il ne faut pas également oublier le développement des mesures adaptés aux élèves présentant des handicaps particuliers, comme la dyslexie, la dysorthographie ou encore des handicaps physiques (déficience auditive et visuelle).  Les élèves touchés par ces troubles sont actuellement les abandonnés de  l’Education Nationale. Ces problèmes assez peu médiatisés et mal connus de la population ne font pas l’objet de mesures récentes. Le plan national pour les dyslexiques, issu du Rapport Ringard, date de plus de 10 ans. S’il a permis d’inclure dans le Code de l’éducation (Art. L321-4) la possibilité pour les établissements de recourir à des “aménagements particuliers et des actions de soutien sont prévues au profit des élèves […] atteints de troubles spécifiques du langage oral et/ou écrit” (comme le tiers temps), ces mesures ne sont clairement pas suffisantes. Un nouveau plan national pour les dyslexiques, dyscalculiques et handicap doit être lancé. Ces élèves doivent impérativement être suivie et aidé du primaire au Lycée ; malheureusement ce suivis est défaillant voir totalement absent dans la plupart  des établissements, sans compter l’ignorance et l’incompétence récurrente – à ce sujet – du personnel éducatif.

 

Le lycée, haut-lieu de préparation à l’enseignement supérieur

François Bayrou, ministre de l’Education Nationale émérite, a toujours vu dans le Baccalauréat le premier diplôme de l’enseignement supérieur. Hélas, ce dernier est aujourd’hui devenu une farce. Aux yeux de beaucoup d’élèves, l’obtention du Bac est une formalité : l’émotion des parents, alimentée par la fierté d’avoir un nouveau bachelier dans la famille, peut souvent paraître comme anachronique du point de vue de leurs enfants.

Cette facilité ne peut que desservir les futurs étudiants dans l’enseignement supérieur. Il n’y a rien de plus contre-productif qu’une récompense sans grand effort. Pire, le lycée ne dispense pas suffisamment d’enseignements spécialisés pour former les élèves. Il n’est pas rare, à leur premier cours dans l’enseignement supérieur, les étudiants éclater de rire devant une tradition inévitable : le fameux « Vous ne savez rien, ce que vous avez vu au lycée ce n’est même pas la base ! » prononcé par le premier professeur vu à la rentrée. Et c’est effectivement le cas, les enseignements au lycée se contentent de forger une culture générale au citoyen, alors qu’ils devraient remplir l’autre mission de les préparer à  l’enseignement supérieur.

La tendance générale, particulièrement palpable lors de la réforme du lycée du quinquennat précédent est à la simplification des programmes, et à des enseignements plus « ouverts sur le monde actuel ». Ceci constitue une hérésie. En voulant trop développer l’esprit critique des élèves et les intéresser (ce qui n’est absolument pas critiquable en soi), on en finit par oublier l’essentiel : l’enseignement, c’est aussi et surtout des connaissances, de la curiosité et de l’approfondissement.

La première cause d’échec des étudiants en première année de Licence, c’est le coup de blues. Sorti du lycée avec des programmes faciles et intéressants, le jeune adulte « régresse » au collège où il doit de nouveau apprendre tout par cœur, sans se poser trop de questions. C’est en général l’esprit des deux premières années de l’enseignement supérieur, particulièrement à l’Université.

C’est pour cette raison que le lycée doit retrouver sa mission primaire : préparer à l’enseignement supérieur. Cela passe par des enseignements à la carte, comme nous le proposons au collège, avec là encore un tronc commun persistant.

Afin de dispenser ces enseignements, il faudra probablement revoir notre façon de voir le lycée. L’enseignant devra être polyvalent, être formé différemment,  l’autonomie des établissements accrus pour permettre des recrutements ciblés, sous forme de personnels contractuels ou vacataires. A ce sujet, la question de la titularisation sans concours des personnels non-titulaires méritants devra être posée avec beaucoup d’urgence.

La spécialisation accrue au lycée n’a cela dit pas que des avantages : les petits établissements ruraux seront fortement pénalisés : pas facile de trouver quelqu’un, un professeur ou un étudiant, capable d’enseigner le Droit ou la Biochimie par exemple. C’est pour cette raison que nous proposons de fusionner les petits établissements ruraux, d’accorder des moyens supplémentaires, et de développer l’internat dans ces zones qui ne doivent en aucun cas être négligées. L’internat permettra aux élèves d’avoir la mobilité suffisante pour choisir un établissement dispensant les matières qu’ils estiment nécessaires à leur projet professionnel.

Ces idées peuvent paraîtres ambitieuses, subversives pour certaines, voire même libérales. Pourtant, chaque citoyen doit comprendre qu’il y a urgence. L’enseignement secondaire est une catastrophe dans notre pays, il creuse chaque année davantage les inégalités. Il faut une révolution des pensées, car pour appréhender l’école de demain, il est nécessaire de revoir totalement notre façon de voir le Collège et le Lycée. Nous proposons des pistes, et nous espérons qu’elles pourront être débattues à l’avenir.

Pole Réflexion
Jeunes Forces Démocrates

 

Notes

1. Selon l’application « MedLine Trend », il y a eu l’année dernière 197 publications contenant le mot « chronobiology » contre 3.129 pour le virus de l’Hépatite C et 141.590 pour le cancer à titre de comparaison.
2. Copyright hélas déposé par notre pays depuis des décennies
3. Exit les transformations, vecteurs, systèmes à deux équations en Mathématiques, exit les paragraphes argumentés en Histoire-Géographie, exit la mitose/méiose en SVT en troisième. Tout est reporté dans une Seconde générale de plus en plus chargée et vectrice d’inégalités
4. Ils le sont même de plus en plus à cause de transformations récentes : en Musique, la pratique de l’instrument a quasiment disparue et en Technologie, les restrictions budgétaires obligent les enseignants à travailler sur le livre au lieu de fabriquer les incontournables portes clés à LED, ranges-CD ou encore les sonneries de vélo..