#IdéesJFD                                         A retenir, nos propositions

  • La seule sélection à l’entrée ne peut régler tous les problèmes de nos universités
  • Il faut orienter, répartir, conseiller et cela le plus tôt possible pour ne pas perdre des années en vain
  • La solution se trouve dans une remise en question de l’enseignement dispensé avant le Bac
  • Le fil conducteur: flexibilité +penser différemment l’éducation
  • Le détail de nos propositions pour le collège, le lycée, l’université et les filières professionnelles et technologiques se trouve ci-dessous

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Réussir à l’Université se joue avant le Bac (1)

Les JFD proposent une Révolution de l’enseignement secondaire et supérieur.

Tout étudiant, après quelques années passées à l’Université, connaît les difficultés de l’enseignement supérieur en France. Elles sont de notoriété publique : baisse du niveau, échec massif, filières sans issue, etc. Seulement un tiers des étudiants réussissent leur licence en trois ans ! Pas ou peu accompagnés, les étudiants recalés abandonnent pour se réorienter (dans le meilleur des cas!). L’étudiant de première année redoute l’écrémage qui écarte ceux qui sont incapables de poursuivre le cursus universitaire parce qu’ils n’ont pas le niveau requis ou pis, parce qu’ils se sont trompés ou ont fait un choix par défaut.

L’échec a de multiples causes que tout un chacun peut énumérer sans trop de mal : de mauvaises orientations, un manque de moyens des universités, une baisse dramatique du niveau des bacheliers, la mauvaise préparation des futurs étudiants, mais également la dévalorisation sociale des filières professionnelles et technologiques qui pousse les bacheliers vers les universités.

La seule sélection n’est pas la solution!

Le taux d’échec incarne ces problèmes et c’est dans cette perspective que plusieurs politiques, dont Bruno Lemaire en déplacement en Mayenne le 25 avril ou encore Mme Pécresse dans le journal Le Monde du même jour, ont avancé l’idée de mettre en place une sélection à l’entrée des universités françaises. Il est regrettable que ces “espoirs” de l’UMP « nouvelle génération » n’aient rien de mieux et de plus réfléchi à proposer comme solution. Comme si cette sélection allait, à elle seule, régler tous les problèmes de nos universités.

Et d’ailleurs, n’existe-t-elle pas déjà cette sélection ? Le bac n’est-il pas supposé être pas la condition d’accès à l’université ? Pourquoi alors, créer un doublon ? N’est-ce pas aussi le signe d’une lâcheté, la peur de remettre en cause l’objectif des 80% d’une classe d’âge avec le baccalauréat ? N’est-ce pas, en outre, un évitement au véritable problème, à savoir, que deviendront les étudiants en situation d’échec ? Après la « sélection par l’échec » (1) ou après la sélection Lemaire-Pécresse, quelle sera l’avenir de cette jeunesse sans formation professionnelle ?

Le problème de l’éducation est avant tout un problème de l’emploi, il ne faut pas l’oublier. Sélectionner ne suffit pas, il faut orienter, répartir, conseiller et cela le plus tôt possible pour ne pas perdre des années en vain.

Pour réussir à l’Université, il faut commencer par reformer… avant!

Au lieu d’identifier et de soigner les véritables causes de cet échec massif, l’UMP on propose donc une sélection post-Bac comme solution. C’est une erreur fondamentale qui cantonne le problème au seul niveau de l’université, sans considération de l’enseignement dispensé aux futurs étudiants. L’Université est l’aboutissement de 12 années d’enseignement du CP à la Terminale. C’est l’abaissement de l’enseignement en amont qui se répercute mécaniquement en aval sur l’Université qui récolte d’un taux d’échec records, c’est là que réside le problème. Malheureusement, il faut force est de constater que si une réforme de l’enseignement supérieur sera débattue à l’Assemblée Nationale au cour du mois de mai, l’idée d’une refonte générale, globale et cohérente, de l’enseignement primaire, secondaire et supérieur a été totalement éludée ; il en a été de même lors de la réforme des rythmes scolaires, le gouvernement manquant cruellement, une fois de plus, d’ambition…

Les JFD vont donc proposer leurs 4 pistes pour une reforme d’ensemble de l’enseignement supérieur en France, reforme qui doit commencer au collège, se poursuivre au lycée et aboutir dans les universités, en passant par l’enseignement professionnel et en alternance.

Nos propositions seront détaillées, mais voici déjà trois séries d’actes d’urgence, pour aller vers une restauration du niveau de étudiants à leur entrée à l’université. Le fil conducteur: flexibilité +penser différemment l’éducation.


Refonte du collège :

  • Créer des parcours professionnels dès la quatrième afin de permettre aux élèves en décrochage scolaire de retrouver le goût de l’effort et du travail pour quelque chose de concret.
  • Instaurer dès la quatrième des classes de niveau, avec des enseignements à la carte (Informatique, Sciences approfondies, Initiation à l’entreprenariat) en plus d’un tronc commun Français – Mathématiques – Histoire Géographie – Langues.
  • Réduire les horaires du collège (et du lycée) : passer d’une moyenne 8h – 17h à 8h – 15h. Les deux dernières heures seraient consacrées à des enseignements d’éveil comme le Sport de haut niveau, le Théâtre, ou artistique et culturel.
  • Tripler la prime destinée aux professeurs principaux pour ceux qui exercent en établissement ECLAIR (actuellement de 100€/mois environ).
  • Échelonner le temps de travail des enseignants en fonction de la difficulté du collège où ils se trouvent – Interdire tout procédé qui contribuerait à dissuader les enseignants d’exclure de leur cours les élèves qui poseraient ponctuellement de trop gros problèmes.
  • Obliger les chefs d’établissement à envoyer un élève en conseil de discipline si l’équipe pédagogique vote cette décision en conseil de classe.

Refonte du Lycée général et professionnel:

  • Créer des filières technologiques et professionnelles d’excellence avec une possibilité d’internat et de bourses supplémentaires pour les élèves les plus modestes.
  • Renforcer la spécialisation dès la seconde avec une orientation Scientifique, Littéraire, Économique et Sociale, Technologique ou Professionnelle. Cette orientation serait réversible à la fin du premier semestre de seconde, et l’élève réorienté bénéficierait de cours de rattrapage.
  • La spécialisation mentionnée ci-dessus serait limitée par un tronc commun persistant Français – Histoire Géographie – Sciences – Langues + enseignement culturel.
  • Instaurer des enseignements de détermination en Terminale pour chaque filière (Biochimie, Droit, Cinéma, Géopolitique…) afin que les étudiants soient préparés à l’enseignement supérieur.
  • Créer des rencontres entreprises/écoles, pour avoir des présentations de métiers concrets et tenter de donner une idée de la vie professionelle, de ses exigences, faciliter les possibilités de stages dès le lycée etc.
  • Mettre en place d’un parcours d’inititation et de formation à l’entrepreneuriat au lycée et dans toutes les filières (intervention d’entrepreuneurs, projets de groupe, strctures d’encadrement et d’aide pour les étudiants qui souhaitent se lancer…)
  • Rendre plus lisibles les passerelles entre la première générale et la première technologique ou professionnelle (et vice-versa).
  • Créer des classes préparatoires technologiques (sur le modèle des CPGE actuelles) permettant de passer en deux ans directement d’un Bac professionnel/technologique à un parcours de Master professionnel et/ou un diplôme d’ingénieur, au lieu de 4 ans en général.

Offrir une seconde chance, plus de passerelles, plus de flexibilité :

  • Permettre aux jeunes travailleurs de pouvoir bénéficier d’une formation universitaire afin de leur offrir une seconde chance s’ils désirent reprendre leurs études (par exemple après un Bac Pro) : instaurer un système de bourse et d’aides aux logements pour ces étudiants, formations en alternance facilitée.
  • Revaloriser le BTS, ancienne filière d’excellence professionnelle, afin qu’il puisse mieux permettre des passerelles vers les Licences professionnelles
  • Instaurer des facilités pour les étudiants de Licence professionnelles venant d’un BTS voulant accéder à un Master professionnel (ces étudiants subissent bien trop souvent la concurrence des étudiants issus des licences générales).

 

Ce sont des réformes qui doivent être menées à long terme et non pas de simples mesures d’un quinquennat abandonnées lors d’un changement de majorité. Ce sont les générations qui recevront ces réformes dès le primaire qui, à long terme, une fois arrivée sur les bancs des facs, restaureront le niveau. L’université n’a pas pour rôle de faire rattraper à un étudiant ce qu’il aurait dû apprendre à maîtriser dans le secondaire.  La solution ne passe donc  pas par une sélection à l’entrée des universités, dont l’accès ne sera permis qu’aux étudiants justifiant d’un niveau préétabli dans le contexte actuel, mais la réduction du nombre d’étudiants qui n’ont pas tous les outils et les moyens pour réussir.

Ces idées, en plus de propositions supplémentaires plus ciblées sur les années post-Bac, feront l’objet de plusieurs articles publiés par le Pôle projet des JFD, notamment lors des discutions à l’Assemblée Nationale du projet de loi de réforme de l’enseignement supérieur proposé par Mme Fiaroso.

 

Pôle Réflexion
Jeunes Forces Démocrates

1. Pour reprendre les mots de Mme Kira Mitrofanoff dans un article de Challenges, dont elle est rédactrice en chef adjointe