Plus que jamais, fiers d’être de jeunes citoyens européens ! 

Les JFD se félicitent du Prix Nobel de la paix décerné à l’Union Européenne. // Lisez la lettre envoyée au Président du Parlement Européen

C’est avec enthousiasme et fierté que les Jeunes Forces Démocrates ont appris l’attribution du Nobel de la Paix à l’Union européenne. C’est une récompense logique et amplement méritée pour ce projet ambitieux initié au lendemain de la Seconde guerre mondiale.

Encore marqués par les conséquences d’une terrible guerre sanglante qui a mené le continent au bord de la destruction totale, quelques dirigeants politiques et citoyens visionnaires ont eu la lucidité de lancer la réunification de l’Europe pour que jamais plus la guerre n’y soit possible. C’était d’abord la réconciliation franco-allemande, celle de deux frères ennemis, puis le projet de bâtir ensemble un continent prospère et pacifique. C’est bien ce projet accompli que récompense le Nobel. Soixante ans sans guerre sur notre territoire. Cela nous semble peu parce que nous nous y sommes habitués. Mais c’est en fait tellement extraordinaire. Car cette réunification de l’Europe n’était pas une évidence. Congrès de Vienne, traité de Versailles, après chaque conflit les Etats vainqueurs ne cherchaient qu’à sanctionner les vaincus. Cette fois-ci, la vision était profondément différente.

Si la naissance de l’Europe de la Paix date de la fin des années 1940, son origine est plus ancienne. C’était déjà l’idée de Victor Hugo qui appelait à des « Etats-Unis d’Europe ». C’était le projet de Coudenhove-Kalergi quand il s’adressait aux parlementaires français avec ces mots, qui ont aujourd’hui une résonance encore plus forte : « il dépend de vous que l’Europe renaisse de ses cendres comme un phénix, ou qu’elle meure lentement de ses blessures”. C’était le projet de tant d’autres.

L’Union européenne n’a pas été la première entreprise de paix. La société des Nations voulait déjà éviter le recours à la force et promouvoir le règlement pacifique des conflits, hélas sans succès. C’était également le cas du pacte rhénan, l’œuvre du premier couple franco-allemand Briand-Streseman, qui cessa d’exister avec la mort prématurée du chancelier allemand. Pourtant ces entreprises n’ont pas été vaines. Elles ont inspiré les Schuman, Monet, de Gasperi, Adenauer, Spaak et tous les autres Pères fondateurs qui ont permis la naissance de la CEE. L’Europe, c’est idée même de dépasser les nationalismes à partir de notre histoire et de nos valeurs partagées. C’est l’enfant du traité de Maastricht qui n’a cessé de grandir avec François Mitterrand, Helmut Kohl, Felipe Gonzales et Jacques Delors. Enfant qui semble désormais traverser sa crise d’adolescence, avec le traité constitutionnel rejeté de 2005, le traité de Lisbonne de 2007 et la crise actuelle. Pourtant cette « Europe (qui) est une adolescente, (qui) a ses idéaux, et ses espérances » selon les mots de l’ancienne députée européenne Anne Laperouzze, doit avancer. Ce prix Nobel est un encouragement, celui de la poursuite de la construction européenne. Le moment pour l’Union Européenne d’entrer dans la vie adulte est arrivé. Et c’est à nous de l’y aider. Nous les citoyens, nous les Européens, nous les jeunes.

Pas un Prix Nobel, mais 500 millions de Prix Nobel

Ses idéaux, l’Europe les défend et les promeut tous les jours. Elle exerce la paix et la réconciliation au quotidien. Elle aide ses partenaires méditerranéens et ses partenaires à l’Est à développer une certaine stabilité, les encourage sur la voie de la démocratie et de l’Etat de Droit, et cherche à entretenir des relations stables et pacifiques avec eux. L’Europe travaille sans relâche à ses objectifs de paix à travers son action de coopération au développement. En effet, elle aide les pays de l’Afrique, du Pacifique et des Caraïbes à lutter contre l’extrême pauvreté, la faim, la mortalité infantile, le sida, œuvre à l’égalité des hommes et des femmes et l’alphabétisation partout dans le monde. A elle seule, elle fournit 55% de l’aide totale au développement. Par son soutien au peuple palestinien (l’UE est le plus grand contributeur d’aide au développement des Territoires palestiniens), l’Europe apporte sa pierre à la création d’un état palestinien viable, indépendant et démocratique qui puisse vivre en harmonie avec Israël et ses autres voisins. Enfin (et surtout !) l’Europe continue de renforcer la paix et l’harmonie entre les citoyens européens en les incitant à partager leurs cultures, à dépasser leurs différences, à vivre ensemble. C’est tout particulièrement vrai pour nous les jeunes, avec des programmes comme Erasmus.

L’Europe murit et apprend de ses erreurs. Il est désormais temps qu’elle devienne adulte. Que voulons-nous dire par « adulte »? Simplement que l’Europe poursuive et achève son intégration politique, tout en devenant pleinement celle de ses citoyens. Une Europe forte, qui fasse entendre sa voix et protège, dirigée par ses citoyens avec des représentants démocratiquement élus et non plus l’Europe d’un trop petit nombre.

C’est pourquoi les JFD proposent que, symboliquement, ce soit le président du Parlement européen  (actuellement la seule institution qui représente démocratiquement les peuples et les citoyens européens) et 27 enfants des 27 Etats Membres qui reçoivent conjointement à Oslo le prix Nobel au nom de tous les citoyens européens. Ce serait l’expression de la reconnaissance des jeunes aux ainés pour nous avoir légué un continent en paix, et pour montrer que nous sommes prêts à poursuivre le projet européen de paix et d’unité.

Pole Réflexion

Jeunes Forces Démocrates