#IdéesJFD                                         A retenir, nos propositions

  • L’accès au logement est sans doute l’un des besoins et donc des droits les plus fondamentaux
  • Le logement est devenu aussi l’un des vecteurs forts de la précarité chez les jeunes
  • Une politique volontariste de construction est mise en œuvre
  • L’état doit également continuer à rationaliser son parc immobilier et procéder à des ventes afin de libérer du foncier
  • Une politique de construction de logements neufs, durables, réinsérant le logement social dans la ville et encourageant la mixité sociale
  • Reformer les procédures décisionnelles et pouvoir mieux concilier intérêt général et intérêt local
  • S’assurer d’une véritable lisibilité dans les critères d’attribution des logements
  • La flexibilité et la fluidité doivent aussi être accrues
  • Pousser à l’amélioration de la gestion du parc HLM
  • Logement étudiant: les solutions alternatives doivent être plus largement explorées
  • Instaurer un label ‘Logement jeune & étudiant’
  • Créer systématiquement des agences de type associatifs et sans but lucratif, gérées au niveau des départements par exemple, qui cibleraient uniquement les étudiants et les jeunes

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Pour les jeunes, se loger c’est (toujours) la galère !

« 3,6 millions de personnes sont mal, ou très mal, logées ». Mais si l’on y adjoint tous ceux qui se trouvent en situation de fragilité de logement à court ou moyen terme, « ce sont au total 10 millions de personnes qui sont touchées par la crise du logement ». Dans la France de 2012, ce constat de la Fondation Abbé Pierre, est avant tout un constat d’échec des politiques menées dans notre pays au cours des dernières décennies, tant par la gauche que par la droite. C’est un constat d’échec qui fait froid dans le dos car il est synonyme de pauvreté et de précarité, de difficultés au quotidien et d’incertitudes, mais aussi de stigmatisation pour quasiment un français sur 6.

Il manquerait ainsi en France environ un million de logements sociaux, et 700 000 personnes sont sur liste d’attente. La crise qui dure depuis 2009, l’inflation des prix de l’immobilier et la précarité énergétique touchent un nombre croissant de foyers et continuent de dégrader cette situation. Cette crise du mal logement est aussi l’une  des causes de la sous-croissance de notre économie.

Un constat alarmant et un catalyseur de précarité chez les jeunes

L’accès au logement est sans doute l’un des besoins et donc des droits les plus fondamentaux. Car du logement dépend tout : la possibilité de bâtir des projets, de voir l’avenir sereinement et de former une famille, l’assurance de vivre en bonne santé et de connaître le bien-être, mais souvent aussi la possibilité de trouver un emploi stable. En effet, commencer dans la vie professionnelle c’est aussi pouvoir disposer d’un logement. Une situation qui concerne donc tout particulièrement les jeunes.

Etape essentielle du passage vers l’âge adulte, le logement est malheureusement devenu aussi l’un des vecteurs forts de la précarité chez les jeunes… La Fondation Abbé Pierre le souligne d’ailleurs : « pour les jeunes, les difficultés rencontrées pour accéder à un logement constituent un frein, perturbent leur vie quotidienne et bloquent la plupart de leurs projets : formation, emploi, projet professionnel, choix de vivre en couple ou de fonder une famille. Quand des jeunes ne peuvent trouver à se loger, c’est la perspective d’un emploi qui peut disparaître ».

Quelques premières pistes de réflexion

S’il est une politique qui doit être une grande cause nationale, c’est bien le logement. Le déficit de logement qui entraine les prix de l’immobilier à la hausse, ne peut fondamentalement se corriger que si une politique volontariste de construction est mise en œuvre. Il faut voir dans un tel programme de construction, une véritable opportunité : elle peut constituer une composante clef d’une politique de relance de l’économie par l’investissement (par exemple en mobilisant l’épargne) qui mobiliseraient des entreprises locales, tout en étant également une occasion unique de développer des logements énergétiquement économes, de réduire les émissions de gaz à effet de serre et d’alléger la facture de chauffage qui grève le budget des foyers les plus fragiles. L’état doit également continuer à rationaliser son parc immobilier et procéder à des ventes massives afin de libérer du foncier.

Cessons également de stigmatiser le logement social. Des pays comme les Pays-Bas, ou encore l’Autriche comptent entre 100 et 150 logements sociaux pour 1000 habitants. Seulement 70 en France. Ce déficit et le vieillissement du parc donne une mauvaise image qui ne fait qu’aggraver la situation : les villes sont frileuses de bâtir de nouveaux logements sociaux, assimilant trop souvent HLM et délinquance. Une politique de construction de logements neufs, durables, réinsérant le logement social dans la ville et encourageant la mixité, constituerait un bon point de départ pour changer cette image. Il est également nécessaire de densifier l’habitat afin de lutter contre l’étalement urbain, souvent synonyme de couts de transport importants. Pour de telles mesures de proximité, les municipalités ont ici un rôle clef à jouer, et les échéances de 2014 seront cruciales.

Il nous semble également critique de rationaliser, fusionner, simplifier et redéfinir le périmètre des différents acteurs du logement. Il n’est plus possible de continuer à faire interagir des dizaines et des dizaines d’acteurs différents, au prix de la lenteur et d’un coût beaucoup trop élevé. En effet, l’une des causes du déficit de l’offre foncière réside dans le (trop) grand nombre de décideurs publics qui ont le pouvoir de refuser les permis de construire des logements. La réflexion sur la décentralisation et les échéances de 2014, seront fondamentales pour reformer ces procédures décisionnelles et pouvoir mieux concilier intérêt général et intérêt local.

Toujours pour les HLM, Il faut accélérer la numérisation des dossiers et s’assurer d’une véritable lisibilité dans les critères d’attribution des logements afin de mettre fin aux critères propres à chaque organisme. La flexibilité et la fluidité doivent aussi être accrues : on peut par exemple s’inspirer d’initiatives comme une bourse d’échange de logements sociaux sur Internet qui a été mise en place en novembre dernier en Haute-Savoie. L’action de la Mission interministérielle d’inspection du logement social (Miilos), doit être renforcée afin de pousser à l’amélioration de la gestion du parc HLM.

Le logement étudiant

Le constat n’est guère plus brillant si l’on s’intéresse au logement étudiant : pénurie et vétusté sont les premiers adjectifs qui viennent a l’esprit lors que l’on veut caractériser son état.

Au delà d’une nécessaire politique de rénovation et de construction, les solutions alternatives doivent être plus largement explorées. Il est désormais possible de construire pour des couts modiques, des logements étudiants  modulaires mais de haute qualité, avec notamment le concept de la résidence étudiante composée de modules basés sur des containeurs et qui peuvent être mis en place très rapidement, comme au Havre (où ces logements se louent équipés et meublé à moins de 300€ charges comprises). Bien évidement, ce type de logements n’a pas vocation à devenir la norme, mais peuvent s’avérer des solutions acceptables dans les situations de crise les plus aigues. Il est de plus nécessaire de fixer un nombre minimal de logements réservés pour les étudiants dans les quotas de logements sociaux à bâtir.

Nous proposons également d’instaurer un label ‘Logement jeune & étudiant’, qui serait délivré sur des critères de qualité, d’efficacité énergétique ainsi que de cout du loyer du logement dédié aux étudiants ou aux jeunes salariés et qui faciliterait les recherches d’appartement. De même, peut-être devrions nous explorer la possibilité de créer systématiquement des agences de type associatifs et sans but lucratif, gérées au niveau des départements par exemple, qui cibleraient uniquement les étudiants et les jeunes afin d’éviter les frais d’agence qui peuvent parfois être excessifs (le modèle des CLLAJ est sans doute à développer). Enfin, la solution de la colocation doit faire l’objet d’un meilleur encadrement juridique afin d’en favoriser le recours pour les jeunes.

Pour en savoir plus

Voir également la prise de position de Jean-Luc Biacabe, Directeur du pole de politique économique à la CCI de Paris, dans les Echos du 31/12/2012
Les CLLAJ

 

Pole Réflexion

Jeunes Forces Démocrates